Achetée par Weinstein, son ex-assistante Zelda Perkins veut mettre fin aux lois sur les accords de non-divulgation

APPEL - Dans une interview télévisée diffusée ce mardi sur la BBC 2, Zelda Parkins, qui accuse le magnat de harcèlement sexuel, est revenue sur son séjour à Miramax, à Londres. Elle a également demandé une réforme de la loi britannique sur les accords de non-divulgation, dont elle juge qu'ils privilégient les plus puissants.

Elle a rompu le silence le 22 octobre dernier, dans une interview au Financial Times. Zelda Perkins, ancienne assistante d'Harvey Weinstein chez Miramax Films à Londres, avait avoué avoir été harcelée sexuellement pendant des années par le producteur, ce dernier finissant par acheter son silence en échange d'un chèque conséquent. Malgré tout, elle avait décidé de rompre cet accord et de raconter son histoire au journal américain.

Une protection de plus pour les puissants

Dans sa première interview, ce mardi, depuis ses révélations, dans l'émission BBC Newsnight, elle appelle à une réforme de la loi britannique concernant les accords de non-divulgation, qu'elle qualifie d'"immoraux". Elle a également confié qu'en l'absence preuve matérielle, ses avocats lui avaient dit qu'elle n'aurait "aucune chance" d'exposer le comportement du producteur si elle se décidait à porter plainte : "Nous n'avions aucune preuve matérielle parce que nous n'étions pas allés voir la police quand nous étions à l'étranger. Finalement, c'était la parole de deux jeunes femmes contre celle d'Harvey Weinstein."


Lors de cet entretien, Zelda Perkins explique également qu'elle n'avait pas été autorisée à parler à une spécialiste de son passé à Miramax ni à donner d'explication à son comptable sur l'origine de l'argent qui lui avait été versé contre son silence. De quoi l'amener à estimer que les accords de non-divulgation permettent aux plus riches et aux plus puissants de dissimuler les agressions sexuelles et les harcèlements dont ils sont coupables.

Des accords de non-divulgation "immoraux"

Zelda Perkins avait quitté son poste de Miramax après qu'une de ses collègues lui avait confié que le producteur avait essayé de la violer durant un voyage professionnel au festival du film de Venise. "Elle tremblait, elle était très angoissée et clairement choquée. [...] Elle ne voulait pas que quelqu'un le sache et était absolument terrifiée par les conséquences. J'ai parlé avec elle et j'ai essayé de la calmer avant de confronter Harvey en face à face." Lors de cette confrontation avec le magnat, ce dernier avait nié les accusations.


"Ces 19 dernières années ont été pénibles, c'est une période pendant laquelle je n'ai pas été autorisée à parler, je n'ai pas été autorisée à être moi-même. [...] Même si la procédure que j'ai suivi (ndlr : un accord de non-divulgation) était légale, elle était immorale", déclare-t-elle à son interlocutrice, avant d'ajouter : "Je comprends que les accords de non-divulgation aient une place dans la société, et pour les deux parties. Mais il est vraiment important que la législation change sur la façon dont ces accords sont réglementés."

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Hollywood : le scandale Harvey Weinstein

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter