Harcèlement sexuel : un "code de bonne conduite" à Hollywood

Harcèlement sexuel : un "code de bonne conduite" à Hollywood

GUIDE - L'association des producteurs de l'Amérique (producers guild of America) propose des recommandations concrètes afin de lutter contre le harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma. Parmi les propositions : une formation pour toute l'équipe de tournage ainsi que la désignation d'au moins deux personnes référentes.

Quatre mois après le séisme Weinstein, enfin des mesures concrètes. Vendredi 19 janvier, l'association des producteurs d'Amérique (Producers guild of America) a relayé auprès de ses 8200 membres un code de bonne conduite (en ligne ici, en anglais) pour lutter contre le harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma aux Etats-Unis.


"Ces trois derniers mois, l'association des producteurs de Hollywood a travaillé sur une série de recommandations concrètes et pragmatiques, à l'adresse des producteurs et des équipes de tournage, afin de reconnaître et de combattre le harcèlement sexuel, à la fois sur le plateau et en dehors" précise d'emblée l'association, présidée par Gary Lucchesi et Lori McCreary. 

Désignation de deux interlocuteurs privilégiés

Au menu des recommandations, quelques rappels de bon sens en direction de chaque membre du casting et de l'équipe technique, présents sur les plateaux de tournage. D'abord, un conseil en forme d'évidence : l'association conseille ainsi aux productions de "se conformer aux lois sur le harcèlement", et, pour facilier les démarches, propose une série de ressources afin d'être, avant toute chose, au courant de ce que la loi prévoit, en termes de sanctions,  en cas de harcèlement sexuel.


La deuxième recommandation concerne l'accès à la formation. L'association estime sur ce point que "toute production, indépendamment du budget et du support, doit fournir une formation contre le harcèlement sexuel à tous les membres du casting et de l'équipe, avant le début de la production et en amont de chaque nouvelle saison." De la même manière, elle préconise que des procédures concrètes soient mises en place au sein des productions afin de faciliter la dénonciation de tels actes. Ainsi, l'association de producteurs conseille de désigner "au moins deux personnes, idéalement un homme et une femme, que les membres de l'équipe et du casting pourraient approcher en cas de problème". 

Une application réelle ?

Reste à voir si ces mesures, qui n'ont qu'une valeur consultative, seront en effet appliquées en réalité. Et le milieu du cinéma américain part de loin : on sait déjà que Charles Rivkin, le président d'un très puissant lobby du cinéma aux Etats-Unis (la Motion picture association of America), ne se montre guère favorable à l'établissement d'un tel code de conduite. Interrogé par Le Monde en octobre dernier, il disait à ce sujet qu'il s'agirait d'"une mauvaise façon d'encadrer". 

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