Harcèlement sexuel : une enquête demandée au Congrès contre Donald Trump

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ACCUSATIONS - Aux États-Unis, trois femmes qui ont déjà mis en cause le président américain pour son comportement sexuel inapproprié ont demandé lundi au Congrès l'ouverture d'une enquête. Deux d'entre elles affirment que le républicain les a sexuellement agressées.

Donald Trump va-t-il se retrouver au coeur d'un nouveau scandale ? Outre-atlantique, trois femmes, qui ont déjà accusé par le passé le président américain de comportement sexuel inapproprié, ont demandé au Congrès l'ouverture d'une enquête sur les agissements de leur dirigeant. Deux d'entre elles affirment même avoir été sexuellement agressées par le président. "Je demande que les membres du Congrès mettent de côté leur affiliation politique et enquêtent sur les comportements sexuels inappropriés de Donald Trump", a ainsi déclaré lors d'une conférence de presse lundi l'une des victimes présumées du républicain, Rachel Crooks. L'Américaine est une ancienne réceptionniste de la Trump Tower à New York.


En 2005, alors âgée de 22 ans, elle s'est présentée à Donald Trump sur son lieu de travail, et, selon son témoignage, c'est alors que le milliardaire lui a serré la main avant de lui faire la bise, à plusieurs reprises, et de l'embrasser sur la bouche sans qu'elle y ait consenti. "J'étais choquée, anéantie," a-t-elle témoigné dans la matinée de lundi, sur le plateau de la chaîne NBC News auprès de la journaliste Megyn Kelly. Elle a même affirmé s'être sentie "un peu menacée". Rachel Crooks se retrouvait pour la première fois en présence de deux autres victimes présumées de Donald Trump, Samantha Holvey et Jessica Leeds. 

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TRUMP rejette les accusations de harcèlement sexuel

La procédure parlementaire que les trois femmes demandent a peu de chance d'aboutir, mais leurs témoignages remettent sur le devant de la scène les agissements inappropriés présumés de Donald Trump. Un scandale déjà abordé pendant la campagne présidentielle américaine en 2016, campagne pendant laquelle le milliardaire avait été épinglé à plusieurs reprises pour son comportement à l'égard des femmes. Rachel Crooks, Samantha Holvey et Jessica Leeds avaient déjà pris la parole à l'époque. Elles ont décidé de témoigner une nouvelle fois dans la foulée du mouvement #MeToo, lancé après l'affaire Harvey Weinstein afin de dénoncer le harcèlement et les abus sexuels dont elles ont pu être victimes.


Lundi, lors de la conférence de presse new-yorkaise, Rachel Crooks a notamment exprimé son souhait que le président Trump soit "tenu responsable comme l'a été Harvey Weinstein". La Maison Blanche n'a pas tardé à réagir, dénonçant "l'absurdité" de ces témoignages, qu'elle qualifie de "fausses accusations" énoncées par "motivations politiques". "Le président s'est déjà exprimé directement sur ces accusations et les a niées. C'était longtemps avant l'élection, les habitants de ce pays ont soutenu le président Trump", a ainsi déclaré la porte-parole de l'administration Trump, Sarah Sanders. 

Appels à la démission

Jessica Leeds a pour sa part accusé Donald Trump de l'avoir touchée sans son consentement lors d'un vol en avion dans les années 1970. "Il avait ses mains partout, il m'embrassait et me touchait", a-t-elle ainsi témoigné. Samantha Holvey, ancienne candidate de Miss USA, concours produit par le milliardaire, a quant à elle affirmé que le président américain, en coulisses de l'émission, avait dévisagé les participantes de manière particulièrement concupiscente, comme si elles étaient "un morceau de viande".

   

Ce lundi, un groupe de 54 élues démocrates de la Chambre des représentants, menées par Lois Frankel, a adressé à la commission de Contrôle de la Chambre une lettre réclamant une enquête. "Nous ne pouvons pas ignorer la multitude de femmes qui ont formulé des accusations contre Donald Trump", écrivent-elles dans la missive dont CNN a partagé des extraits. Deux sénateurs démocrates, Cory Booker et Jeff Merkley, avaient par ailleurs appelé pendant le week-end le leader américain à démissionner, en raison des accusations de comportement sexuel inapproprié portées contre lui.

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Dimanche, l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley avait affirmé que les femmes qui ont accusé le président de harcèlement sexuel et de gestes déplacés "devraient être écoutées". 

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