"Je les défendrai moi-même" : le maire de Houston rassure les sans-papiers qui craignent d'être expulsés s'ils sont secourus

ETATS-UNIS - Des rumeurs ont circulé au Texas, sur la nécessité d'avoir des papiers pour être secouru. Le maire de Houston, dont la ville est sous les eaux, a démenti.

Une union sacrée. C'est le sentiment qui semble prévaloir ces jours-ci aux Etats-Unis, à l'heure où Harvey ravage le Texas. Sauf que, dans un pays plus divisé que jamais, l'unité semble tenir à un fil. Pour preuve, la prise de parole du maire de Houston à l'attention de ses habitants sans papiers, lesquels redoutent le discours anti-immigrés de Donald Trump.


"Nous faisons front d'un seul bloc. Nous ne construisons pas des murs, nous bâtissons des relations et prenons soin des gens", a déclaré Sylvester Turner, le maire démocrate de Houston. Autre pique à peine voilée face au discours anti-immigrés du président, le maire, avocat de carrière, a aussi lancé que si des sans-papiers avaient besoin d'aide et que quelqu'un voulait en profiter pour les faire expulser, "je les défendrai moi-même".

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La mairie a également publié un message sur Twitter pour rassurer les citoyens, alors que des rumeurs selon lesquelles des papiers étaient nécessaires pour bénéficier des secours : "Nous ne demanderons aucun papier d'immigration ou d'identité à quiconque dans les abris."

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Une offre qui ne doit rien au hasard, puisque la population de Houston est en grande partie composée de personnes en situation illégales. La ville est en effet la troisième plus grande du pays en terme de citoyens sans papiers. Soit environ 575.000 individus, selon une étude du Pew Research Center publiée cette année. Nombreux sont ceux qui redoutent l'application d'une directive fédérale anti-immigration, laquelle devrait bientôt s’appliquer dans cet état frontalier avec le Mexique.


Un Mexique qui, justement, demeure un cheval de bataille de Donald Trump. Le président a martelé lundi que le pays voisin paierait "d'une manière ou d'une autre" pour le mur à la frontière qu'il espère construire. Une obstination qui, selon ses détracteurs, illustre le peu d'importance que le chef de l'Etat accorde à Houston et à sa population immigrée en particulier. Ils rappellent que c'est d'ailleurs vendredi soir, au moment même où l'Amérique avait les yeux rivés sur l'ouragan, que Donald Trump a annoncé l'une des décisions les plus controversées de sa jeune présidence : accorder la grâce présidentielle à l'ancien shérif Joe Arpaio. Ce dernier avait condamné pour avoir fait preuve d'un zèle excessif à traquer les immigrés clandestins.

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