Haut-Karabakh : un premier avion humanitaire français au secours des Arméniens déplacés

Le président Emmanuel Macron discute avec l'un des volontaires lors de son déplacement à Phoneton, samedi 21 novembre.

SOLIDARITÉ - Le président français a affiché son soutien à la communauté arménienne samedi en se déplaçant, au siège d'un Phoneton qui porte assistance aux populations déplacées dans le Haut-Karabakh. Un avion humanitaire français a décollé ce dimanche pour l'Arménie.

Au lendemain de la visite d'Emmanuel Macron auprès de la communauté arménienne de France , un avion humanitaire français a atterri à Erevan ce dimanche. A son bord : du matériel médical , des médicaments et des produits de première nécessité pour les déplacés du Haut-karabakh.  Le cessez-le-feu, signé le 10 novembre, a provoqué l'exode de milliers d'Arméniens obligés de quitter des districts reconquis par l'Azerbaïdjan. 

Samedi, Emmanuel Macron a rendu visite au Phonéton - organisme qui recueille des fonds au profit des populations en Arménie et au Haut-Karabakh. "Cet engagement humanitaire, c'est évidemment ce que nous devons aux 120.000 déplacés du Nagorny Karabakh et des 7 provinces restituées, mais aussi au million au moins d'Arméniens qui vivent aujourd'hui dans des conditions qui sont insoutenables", "sous-alimentés" et frappés par une "très grande pauvreté", a expliqué le président français lors de sa visite. 

Youri Djorkaeff inquiet par "une situation humanitaire dramatique"

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L'ancien footballeur international français d'origine arménienne Youri Djorkaeff devait prendre place à bord de l'avion humanitaire français. "Aujourd'hui, il y a un cessez-le-feu" entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, "mais il y a une situation humanitaire qui est dramatique", a affirmé l'ancien champion du monde en 1998, présent lui aussi au Phoneton. Un second avion français s'envolera vendredi 27 novembre transportant l'aide du gouvernement et du Fonds (santé, vêtements chauds, jouets...). 

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Avant l'exode, les habitants du Haut-Karabakh brûlent leur maison

Le Phoneton a récolté 1,7 million

Signé le 10 novembre, l'accord de cessez-le-feu a mis fin aux hostilités entre l'Arménie et l’Azerbaïdjan tout en consacrant la victoire militaire de Bakou. Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, avait qualifié cette initiative "d’extrêmement douloureuse" pour lui "et pour notre peuple"

Peu après l'accord de cessez-le-feu, les Arméniens du Haut-Karabakh avaient fui leur domicile en prenant soin d'incendier leurs maisons avant l'arrivée des soldats azerbaïdjanais. Des images diffusées sur les réseaux sociaux qui avaient  fait le tour du monde.

Pour venir en aide aux populations arméniennes, le Phoneton a été lancé le 19 novembre. Pour l'instant, il a récolté 1,7 million d'euros et devrait atteindre 2 millions. Mais "les besoins sont beaucoup plus importants", selon Christophe Dossikian, vice-président du Fonds arménien français. Les personnes déplacées "ont dû fuir en emportant souvent peu d'affaires", explique cet homme. 

Au total, une vingtaine de personnes travaillent sur le site, dans un local mis à disposition par un groupe de télécoms. 

Le seul parmi les dirigeants occidentaux à dénoncer l'agression azérie- Christophe Dossikian, vice-président du Fonds arménien français

La cible principale de cette collecte de fonds ? La diaspora arménienne en France qui, avec 600.000 personnes, est la plus grande d'Europe. Christophe Dossikian a profité de cette occasion pour saluer l’implication du président Macron qui a été "le seul parmi les dirigeants occidentaux à dénoncer l'agression azérie".

Outre l'aide humanitaire, Emmanuel Macron a expliqué que la France demandait "un cessez-le-feu patrimonial et culturel" pour éviter une "destruction du patrimoine culturel et cultuel" arménien dans la région.

Le chef de l'Etat français a aussi réitéré son souhait d'une "supervision internationale" de l'accord entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, parrainé par la Russie, qui a mis fin à plusieurs semaines d'affrontements meurtriers au Nagorny Karabakh, et "nécessite d'être consolidé".

Pendant le conflit, la France était restée neutre offrant un soutien timide à son allié arménien. L'inaction du gouvernement français avait été critiquée par certains élus quelques jours avant le cessez-le-feu. 

Lundi 16 novembre, une quinzaine de maires français avaient réclamé la reconnaissance internationale de ce territoire peuplé d'Arméniens. "Il est incompréhensible que nos autorités nationales ne réagissent pas", avait estimé auprès de LCI Nicolas Daragon l'édile de Valence (Drôme), à l'initiative de l'appel.

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