Heurts en Cisjordanie et à Jérusalem : pourquoi ce regain de tensions entre Israéliens et Palestiniens ?

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POUDRIÈRE – Une semaine après une fusillade mortelle survenue sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, la tension ne faiblit pas entre Israéliens et Palestiniens. Six personnes ont été tuées vendredi, tandis que les relations diplomatiques entre les deux pays ont été gelées. Pourquoi ces troubles ? Éléments de réponse.

La fracture prend de l’ampleur. Une semaine après une attaque meurtrière qui a coûté la vie à trois policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem avant que les trois assaillants ne soient abattus, les troubles ne faiblissent pas en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Au total, six personnes -trois colons israéliens et trois Palestiniens- ont été tuées et des centaines d’autres blessées vendredi au terme de manifestations, notamment dans la Ville sainte. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont par ailleurs été gelées. 


Pourquoi cette recrudescence de tensions qui portent à près de 350 le nombre de victimes depuis le début d'une vague de violences, parfois qualifiée d’"intifada des couteaux", débutée en octobre 2015 ? LCI fait le point sur les derniers jours d’affrontements. 

Une fusillade mortelle comme étincelle

C’est le point de départ de cette nouvelle crise. Vendredi 14 juillet dernier, trois Arabes israéliens ouvrent le feu dans la Vieille ville de Jérusalem et tuent deux policiers israéliens. Pris en chasse, les assaillants sont abattus sur l'esplanade des Mosquées. Considérée comme l’un des incidents les plus sérieux de ces dernières années, l’attaque entraîne la fermeture de toutes les entrées du troisième lieu saint de l’islam et l'annulation des prières du vendredi. 


"Nous devrons réévaluer toutes les dispositions de sécurité sur le mont du Temple (appellation qui désigne l'esplanade des Mosquées pour les juifs, ndlr) et ses environs", déclare rapidement le ministre israélien de la Sécurité publique Gilad Erdan, appelant "les leaders de chaque côté à (...) maintenir le calme à Jérusalem".  Signe de l’inquiétude, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, et Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, s’entretiennent par téléphone. 

Les portiques de la discorde

Après une fermeture exceptionnelle de deux jours, Israël rouvre le lieu saint le dimanche 16 juillet après avoir installé des détecteurs de métaux aux entrées. Objectif des autorités, qui pensent que les armes des assaillants de l’avant-veille y étaient cachées : mieux contrôler les accès de la zone. Mais la décision, prise sans consulter le Waqf, l'organisme palestinien chargé des biens musulmans, suscite immédiatement la polémique et la colère. 


"Nous refusons les changements imposés par le gouvernement israélien", déclare alors cheikh Omar Kiswani, le directeur de la mosquée Al-Aqsa, située sur l'esplanade, exhortant les fidèles à prier à l’extérieur. "Nous n'accepterons pas qu'Israël crée un précédent", dit pour sa part l’un des gardiens alors que des règles tacites permettent aux musulmans de monter à toute heure sur le site et aux juifs de n'y pénétrer qu'à certaines heures. 

Manifestations sous haute tension

Une semaine après la fusillade et après plusieurs jours d’affrontements sporadiques, les autorités israéliennes interdisent vendredi l’accès à la Vieille ville de Jérusalem aux hommes de moins de 50 ans. De violentes manifestations y éclatent, tout comme en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Des heurts au cours desquels trois Palestiniens sont tués, deux dans la Ville sainte, un autre dans les territoires occupés. Le Croissant rouge fait état de plus 450 blessés. Dans la soirée, un Palestinien âgé d’une vingtaine d’années tue trois civils israéliens à coups de couteau dans la colonie Neve Tsuf, au nord-ouest de Ramallah. Blessé par balles par un voisin alerté par les cris des victimes, l'assaillant est arrêté et évacué dans un hôpital israélien. Ce samedi, son frère a lui aussi été arrêté après une opération de police. 

En vidéo

Jérusalem : après une semaine de vives tensions, les hommes de moins de 50 ans interdits d'accès à la vieille ville

Gel des relations diplomatiques

Conséquence des heurts meurtriers de vendredi et des décisions israéliennes, le président palestinien Mahmoud Abbas annonce un "gel des contacts" avec Israël tant que les mesures de sécurité imposées par l'Etat hébreu autour de l'esplanade des Mosquées ne sont pas annulées. "Au nom de la direction palestinienne, j'annonce (...) un gel de tous les contacts avec l'Etat d'occupation à tous les niveaux jusqu'à ce qu'Israël s'engage à annuler toutes les mesures contre notre peuple palestinien en général et à Jérusalem et dans la mosquée Al-Aqsa en particulier", déclare le chef de l’Autorité palestinienne. Comme le rappellent nos confrères de RFI, le Fatah – le parti de Mahmoud Abbas – a lancé un appel à la grève générale ce samedi 22 juillet à Jérusalem et en Cisjordanie. 

Samedi en fin d'après-midi,  la France, la Suède et l'Egypte ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies sur les violences à Jérusalem, ont indiqué des diplomates. Cet appel a eu lieu après le décès d'un Palestinien de 17 ans grièvement blessé par balles lors d'affrontements avec les forces de l'ordre israéliennes en Cisjordanie occupée.

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