Himalaya : un des sauveteurs d'Elisabeth Revol, Denis Urubko, renonce à son ascension "suicidaire" du K2

Himalaya : un des sauveteurs d'Elisabeth Revol, Denis Urubko, renonce à son ascension "suicidaire" du K2

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FOLIE - Il y a quelques semaines, il était de ceux qui sont aller secourir Elizabeth Revol sur le Nanga Parbat, alors qu'il préparait lui-même l'ascension hivernale du K2, second plus haut sommet du monde. Ce week-end, après un conflit avec son équipe, Denis Urubko était parti tout seul et sans radio pour gravir ce "8.000 m". Une entreprise ultra-risquée, à laquelle il a finalement renoncé.

En janvier dernier, il est entré, un peu plus, dans la légende de l'alpinisme et du sauvetage en montagne. Les initiés le savent, il est le quinzième homme de l'histoire à avoir gravi tous les 8.000 m. Mais c'est en janvier dernier que son nom est apparu pour la première fois au grand public. Grâce à une ascension extraordinaire menée de nuit, Denis Urubko, d'origine kazakhe, et Adam Bielecki, appuyés par l'armée pakistanaise, ont sauvé l'alpiniste française, Elisabeth Revol sur le Nanga Parbat. Un sauvetage, sans précédent dans l'histoire de l'alpinisme, car les Polonais ont gravi sans corde fixe et de nuit 1.200 mètres par une route très difficile. De quoi légitimer un peu plus leur statut d membres du petit groupe des meilleurs grimpeurs du monde.


Les deux hommes se trouvaient dans la région, car, originellement, ils se préparaient à monter au sommet du K2 (un sommet du massif du Karakoram, situé sur la frontière sino-pakistanaise), en période hivernale. Quelques semaines après ce sauvetage très médiatique, Urubko s'est donc lancé ce week-end dans l'ascension du deuxième sommet le plus haut du monde, après, tout de même, une dispute avec son chef d'expédition au sujet de l'itinéraire à prendre. Agé de 44 ans et réputé pour son fort caractère, Urubko prévoyait initialement de gravir cette montagne en équipe...

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Himalaya : l'alpiniste française Elisabeth Revol a été secourue

Après quelques heures d'angoisse pour son équipe, car l'alpiniste est parti sans radio, celui-ci a interrompu son ascension et est redescendu au camp 2. C'est le porte-parole de l'expédition dont Denis Urubko faisait partie, qui a annoncé la nouvelle, sur Twitter. 

"Denis Urubko descend. Il est actuellement au C2", a tweeté Michal Leksinski. Le C2 est l'un des camps qui sert d'étapes à l'ascension finale du K2, il se situe à 6.000m d'altitude. Sans donner de détails supplémentaires, le porte-parole s'est contenté de poster le lien d'un article écrit en polonais au sujet de l'expédition. Mais interrogés par l'AFP, des alpinistes pakistanais avaient indiqué, pour leur part, qu'ils étaient inquiets face à l'initiative extrêmement dangereuse de Denis Urubko d'entreprendre l'ascension du K2 en plein hiver, seul et sans radio.

Une tentative en solo du K2 en hiver est complètement suicidaireMirza Ali

"Une tentative en solo du K2 en hiver est complètement suicidaire", avait estimé le grimpeur Mirza Ali. Karim Shah, également alpiniste et ami de Denis Urubko, avait jugé l'entreprise "très risquée". D'après Rehmat Ullah Baig, qui a gravi le K2 en 2014, sa tentative était vouée à l'échec. "Il n'y a pas de cordes fixes (installées en prévision de l'ascension) ou de sentiers tracés. Denis ne peut pas y arriver seul, il a besoin d'au moins deux ou trois personnes", a-t-il expliqué à l'AFP.


Selon Montagne Magazine, des cordées ont tout de même été engagées sur la montagne pour sécuriser l'ascension Denis Urubko. 

Le K2 résiste toujours à une ascension hivernale

Peu après le sauvetage d'Elisabeth Revol, Urubko et ses collègues étaient repartis en direction du K2, pour reprendre leur propre ascension hivernale vers le sommet mais avec quelques jours de retard. Il a fallu alors choisir une route pour atteindre le but final, mais le choix s'était porté sur une trajectoire plus lente qui, selon les sources de l'AFP, avait quelque peu irrité le bouillonnant alpiniste. 


Apparemment, il estime qu'une ascension hivernale doit se dérouler exclusivement de décembre à février. "Il essayait de persuader l'équipe de pousser vers le sommet en février", car les conditions en mars rendraient l'ascension plus difficile, a raconté dimanche à l'AFP l'un des porteurs, sous couvert d'anonymat. "Il a eu un débat enflammé avec le chef de l'expédition et il est parti pour le sommet sans dire un mot", a-t-il poursuivi. L'équipe polonaise dont fait partie Urubko avait confirmé l'incident. 

Le K2 est le dernier sommet à plus de 8.000m qui résiste encore à une ascension hivernale réussie. Il est considéré comme le plus difficile et par le passé de nombreuses expéditions ont dû rebrousser chemin. Mais début janvier, l'expédition polonaise nationale dont fait partie Urubko, une équipe de treize personnes avait entrepris l'ascension hivernale du K2. Des hommes parmi lesquels certains sont parmi les meilleurs du monde et considérés comme des "guerriers des glaces"

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