Hollande en Turquie : le rabibochage se complique

Hollande en Turquie : le rabibochage se complique

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DIPLOMATIE - Le chef de l'Etat entame lundi une visite de deux jours en Turquie, la première d'un président français depuis 1992. Mais sa volonté de réchauffer les relations avec Ankara est gênée par un scandale sans précédent qui secoue le pouvoir turc.

François sur les pas de Mitterrand. Vingt-deux ans après la dernière visite d'un président français à Ankara, le chef de l'Etat entame lundi une visite de deux jours en Turquie. Un symbole fort, donc, après la glaciation des relations entre les deux pays sous l'ère Sarkozy.

En brandissant comme argument de campagne son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, Nicolas Sarkozy avait en effet provoqué la colère d'Ankara et la dégringolade des échanges commerciaux entre les deux pays. La part de marché française a ainsi chuté de 6 à 3% entre 2009 et 2012, ne profitant pas du triplement du PIB turc entre 2002 et 2012. Pour l'Elysée, l'heure est donc au "rattrapage". Pas moins de sept ministres, dont Arnaud Montebourg (Redressement productif), et une quarantaine de responsables économiques accompagneront donc le chef de l'Etat mardi, quand il rencontrera à Istanbul les milieux d'affaires turcs.

Purges dans les milieux judiciaires et policiers

Mais avant cela, il va falloir parler politique, dès lundi à Ankara. A son arrivée à l'Elysée, François Hollande a adopté une position plus souple que son prédécesseur. En levant un veto posé par ce dernier, il a ainsi permis une reprise du processus d’adhésion à l'UE. Evitant toutefois soigneusement de se prononcer sur le principe, sujet plus que jamais sensible dans une Europe en crise économique et identitaire. "Cela ne se fera pas durant le prochain quinquennat", s'est-il borné à constater dès sa campagne, se retranchant derrière l'échéance minimale envisagée par les Européens : 2020.

Le Président profitera-t-il d'être sur place pour marquer un soutien plus fort à l'adhésion turque ? Rien n'est moins sûr, tant le contexte intérieur est venu, encore un peu plus, compliquer les choses. Depuis plusieurs mois, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan se trouve en effet englué dans une crise politique sans précédent. Alors que plusieurs dizaines de ses proches sont soupçonnés de corruption, il s'est livré à une série de purges sans les milieux judiciaires et policiers. Du plus mauvais effet, alors que le respect de l'Etat de droit et l'indépendance des pouvoirs font justement partie des conditions d'adhésion à l'UE. Ce que François Hollande devrait rappeler, histoire de renvoyer Ankara à ses responsabilités.

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