Hong-Kong : clap de fin pour le journal Apple Daily, symbole du mouvement pro-démocratie

Hong-Kong : clap de fin pour le journal Apple Daily, symbole du mouvement pro-démocratie

PRESSE - Le dernier numéro du quotidien pro-démocratie Apple Daily à Hong Kong paraîtra le 24 juin. Le site internet, quant à lui, ne sera plus alimenté à partir de minuit.

Pékin n'a jamais caché son désir de réduire au silence ce journal, très critique à son égard, qui a apporté un soutien sans faille au mouvement pro-démocratie. C'est désormais chose faite. Alors que son conseil d'administration avait programmé sa fin pour le 26 juin, le dernier numéro paraîtra finalement jeudi tandis que le site internet ne sera plus alimenté à partir de minuit (14h en France). 

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Hong Kong se soulève contre Pékin

Au nom de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020, les autorités avaient procédé une semaine plus tôt à une vaste perquisition de la salle de rédaction du journal, arrêté cinq de ses dirigeants et gelé l'ensemble de ses actifs. Cette dernière mesure empêche le journal de poursuivre ses activités car désormais, il ne peut plus payer ses salariés et ses fournisseurs.

La fermeture d'Apple Daily symbolise la répression du mouvement pro-démocratie

Le tabloïd a été créé en 1995 par le magnat de la presse, Jimmy Lai. Celui-ci est actuellement en détention, condamné à plusieurs peines de prison pour son implication dans des manifestations pro-démocratie en 2019. 

Contrairement à la Chine continentale, où les médias sont majoritairement détenus par l'État et font l'objet de censure, à Hong Kong, la liberté d'expression est garantie par sa mini-constitution. Cependant, depuis l'entrée en vigueur, il y a bientôt un an, de la loi sur la sécurité nationale, beaucoup de médias hongkongais se montrent prudents, notamment soucieux de ne pas l'enfreindre à travers leurs articles. 

Lors d'une conférence de presse, Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif à Hong Kong, a soutenu que les poursuites engagées contre l'Apple Daily ne constituaient pas une attaque contre un "travail journalistique normal". Selon elle, le journal aurait tenté, dans des articles, de porter atteinte à la sécurité nationale de la Chine. Interrogée sur la manière dont son gouvernement conçoit "un travail journalistique normal", elle s'est bornée à répondre : "Je pense que vous êtes mieux placés pour répondre à cette question."

C'est la première fois que la loi de sécurité nationale, dont la formulation très floue a permis de réprimer toute voix dissidente, est utilisée pour viser directement des journalistes. Dans un communiqué, l'office de l'Union européenne à Hong Kong a exprimé ses craintes sur la fermeture du journal. 

"La fermeture des activités d'Apple Daily à Hong Kong montre clairement comment la loi de sécurité nationale imposée par Pékin est utilisée pour étouffer la liberté de la presse et la libre d'expression des opinions." Selon l'institution, "cette fermeture porte gravement atteinte à la liberté et au pluralisme des médias, qui sont essentiels à toute société ouverte et libre."

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"Par le passé, Hong Kong était incontestablement le centre régional des médias", a déclaré au Financial Times Rose Luqiu, professeur adjoint au département de journalisme de l'université baptiste d'Hong Kong et ancienne journaliste. Mais "il y a des preuves d'un changement de paradigme, du passage d'un système médiatique libertaire à un système médiatique autoritaire", observe-t-elle. En effet, la ville ne cesse de glisser vers le bas du classement annuel de l'ONG Reporters sans Frontières sur la liberté de la presse, passant de la 18e place en 2002 à la 80e cette année.

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