Hong Kong s'émeut après l'enlèvement d'employés d'une maison d'édition critique de Pékin

Hong Kong s'émeut après l'enlèvement d'employés d'une maison d'édition critique de Pékin

DirectLCI
CHINE - Cinq personnes, travaillant pour une maison d'édition hongkongaise, n'ont plus donné signe de vie depuis plusieurs jours. Des disparitions qui rappellent celles, l'an dernier, de chefs d'entreprise chinois.

Cinq membres d'une maison d'édition de Hong Kong ont mystérieusement disparu ces derniers jours, déclenchant une vague d'indignation dans l'ancienne colonie britannique, redevenue chinoise en 1997. Lee Bo, l'un des actionnaires de la société d'édition Mighty Current, connue pour publier des ouvrages critiques du gouvernement chinois, n'a plus donné signe de vie depuis jeudi, tout comme quatre autres de ses associés avant lui. Selon la rumeur, Mighty Current s'apprêtait à publier un livre sur l'ancienne petite amie du président chinois Xi Jinping.

Qui faut-il voir derrière ces enlèvements ? Pour le député pro-démocratie Albert Ho, ils pourraient être le fruit des services de sécurité de Pékin. Le procédé rappelle en effet étrangement plusieurs disparitions d'hommes d'affaires en Chine continentale ces derniers mois. Le patron du premier opérateur téléphonique du pays, celui d'une maison de courtage ou encore celui du gigantesque conglomérat FoSun se sont ainsi évanouis dans la nature quelques jours l'an dernier, avant de refaire surface alors que les autorités annonçaient des enquêtes pour corruption à leur encontre.

"Seuls les services de sécurité hongkongais ont le droit de faire respecter la loi à Hong Kong"

Pour l'instant, toutefois, aucune information ne permet de confirmer ces soupçons. Selon la presse locale, qui cite le ministre par intérim de la sécurité John Lee, la police hongkongaise aurait demandé des informations à Pékin, sans réponse. Lundi le chef de l'exécutif de l'île, C. Y. Leung, a donc pris la parole, lançant un appel à témoignage et se disant "très préoccupé" du sort des cinq disparus. "Seuls les services de sécurité hongkongais ont le droit de faire respecter la loi à Hong Kong", a-t-il ajouté.

Beaucoup dans l'opinion publique estiment toutefois que Leung, considéré comme proche de Pékin, ne fait pas assez pour obtenir plus d'informations sur le sort du personnel de Mighty Current. "Le gouvernement de Hong Kong et Leung Chun-ying doivent faire connaître aux autorités chinoises les préoccupations du peuple de Hong Kong et ne pas se contenter d'attendre une réponse", a ainsi reproché le député prodémocratie Lee Cheuk-yan.

Reprise en main de Hong Kong par la Chine

Si l'ancienne colonie britannique appartient depuis bientôt 20 ans à la Chine, elle bénéficie toutefois d'un statut à part, qui lui permet de bénéficier de son propre arsenal législatif et judiciaire, et qui garantit à ses habitants une liberté de parole beaucoup plus large que de l'autre côté de la frontière. Mais depuis quelques années, beaucoup s'inquiètent d'une reprise en main par Pékin. Celle-ci s'est notamment traduite par la forte répression de la "révolution des parapluies", qui dénonçait en 2014 une réforme destinée à limiter la portée du suffrage universel.

A LIRE AUSSI
>>
Une journaliste française accusée de défendre le terrorisme expulsée par la Chine
>>
Manifestations à Hong Kong : les raisons de la colère

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter