"Ici, c'est chez nous" : tensions entre la sécurité chinoise et la Maison Blanche au G20

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INCIDENT DIPLOMATIQUE - A l’atterrissage de Barack Obama en Chine, venu pour le G20, la sécurité chinoise a recadré fermement la presse et une conseillère américaine. Obama n'a pas vraiment apprécié.

Quand la Chine organise le sommet du G20 à Hangzhou, dans l'est du pays, elle ne rigole pas avec la sécurité. La presse accréditée auprès de la Maison Blanche ainsi qu'une conseillère à la Sécurité nationale ont fait les frais de la rigidité des autorités chinoises.

La scène se déroule sur le tarmac de l'aéroport d'Hangzhou, samedi 3 septembre. L'avion présidentiel Air Force One vient juste d'atterrir quand un groupe de journalistes vient se placer sous une des ailes du Boeing 747. Une attitude tout à fait habituelle pour la presse accréditée à la Maison Blanche, car ainsi positionnés, les journalistes peuvent assiter au plus près à la descente de l'appareil de Barack Obama. Voilà ce qui a provoqué la colère des agents de sécurité chinois.

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Chine : Barack Obama est arrivé à Hangzhou pour son dernier G20

"Ici, c'est chez nous !"

Pour la sécurité, les journalistes étaient trop proches du parcours prévu pour le président américain. Un agent s'est alors approché d'eux et leur a crié dessus, leur demandant de quitter les lieux au plus vite. Un responsable a eu beau vouloir intervenir, il est reçu avec ce hurlement : "Ici, c'est chez nous ! C'est notre aéroport !" Pour Reuters, "cet incident est l'illustration de la volonté du Parti communiste chinois de contrôler les médias". 

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Susan Rice, conseillère à la Sécurité nationale, tente de rejoindre Barack Obama. Alors qu'elle s'apprête à passer sous le cordon bleu, qui délimitait l'espace réservé au passage du président, elle est rappelée à l'ordre par ce même agent de sécurité. Il a fallu que le Service secret américain intervienne pour que la conseillère puisse passer. "Ils ont fait des choses que nous n'avions pas anticipées", a-t-elle expliqué plus tard aux journalistes.

Obama, pas content

Barack Obama, qui n'a pas vu la scène, n'a réagi que ce dimanche 4 septembre. Et quoi de mieux que de répondre en abordant... les droits de l'Homme et la liberté de la presse. "Il est important que la presse ait accès au travail que nous sommes en train de faire, qu'elle ait la possibilité de poser des questions", a déclaré le président américain. 

"Nous ne laissons pas nos valeurs et nos idéaux derrière nous quand nous voyageons", a-t-il ajouté, assurant qu'il n'hésitait pas à parler des questions qui fâchent avec ses hôtes chinois.  "Quand je soulève des questions comme celle des droits de l'Homme, il y a certaines tensions qui ne se produisent peut-être pas quand le président Xi rencontre d'autres dirigeants", a-t-il expliqué, visiblement tendu.

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