Mort de Stanislav Petrov : comment cet officier soviétique méconnu a permis d'éviter une guerre nucléaire

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FLASH-BACK - Un ancien lieutenant-colonel des forces aériennes soviétiques est décédé en mai dernier, a-t-on appris ce mardi. En 1983, il avait refusé de croire son système informatique qui annonçait une attaque de missiles américains contre l'URSS et a peut-être ainsi sauvé le monde. Retour sur cet épisode surréaliste peu connu.

En pleine guerre froide, sa décision a peut-être permis d'éviter une riposte soviétique et le déclenchement d'un conflit nucléaire mondial, à un moment de grande tension entre Moscou et Washington. Stanislav Petrov, ancien officier soviétique, "est décédé le 19 mai dernier dans son appartement à Friazino", à l'âge de 77 ans à 20 km au nord-est de Moscou, a indiqué ce mardi à l'AFP son fils Dmitri. Mais l'épisode surréaliste de l'Histoire dont il a été acteur il y a 34 ans, reste méconnu.


En 1983, dans la nuit du 25 au 26 septembre, Stanislav Petrov, à l'époque officier de garde sur une base d'alerte stratégique au sud de Moscou, dispose de quelques instants pour interpréter le signal d'alarme des satellites de surveillance qui lui annonce l'attaque de cinq ou six missiles américains contre l'URSS. Ce dernier estime alors qu'une attaque américaine devrait impliquer une centaine de missiles et pas cinq ou six, et il conclut qu'il s'agit d'une erreur des systèmes d'alerte. Il prend sur lui d'annoncer à ses supérieurs non pas une attaque imminente mais une fausse alerte.

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L'incident gardé secret 10 ans

"Après l'incident il est resté dans son unité pendant trois jours. Il est rentré à la maison complètement épuisé, mais ne nous a rien raconté", se souvient son fils, 44 ans. Par la suite, les spécialistes soviétiques ont établi que la fausse alerte était due à une interprétation erronée de la réflexion des rayons du soleil sur les nuages, confondue avec le dégagement d'énergie de missiles au décollage.


Quelques mois après l'incident, l'officier soviétique a reçu une décoration "pour mérites rendus à la Patrie au sein des forces armées", sans aucune explication, selon Dmitri.


Gardé secret pendant dix ans, l'incident ne sera révélé que deux ans après l'éclatement de l'URSS en 1991, par l'hebdomadaire Soverchenno Sekretno (Top Secret). "Quand l'hebdomadaire russe Kommersant Vlast a reparlé de cette histoire en 1998, l'Occident a découvert un héros", estime son fils. Celui qui "n'a jamais compris la raison de cette agitation alors qu'il avait simplement bien fait son travail", aurait par la suite reçu une centaine de lettres de reconnaissance de tous les coins d'Europe.

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