Il affronte Kamala Harris cette nuit : Mike Pence, le "roc" de Donald Trump

Il affronte Kamala Harris cette nuit : Mike Pence, le "roc" de Donald Trump
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PORTRAIT - Poussé sur le devant de la scène en raison de la contamination au coronavirus de Donald Trump, le vice-président américain débat avec Kamala Harris, colistière démocrate de Joe Biden, lors du débat des "VP", ce mercredi 7 octobre. Ce sera l'occasion pour le joker de Trump de prouver qu'il dispose de la stature présidentielle nécessaire pour occuper un jour le Bureau ovale.

Mike Pence et Kamala Harris s'affrontent en débat, mercredi 7 octobre, entre aspirants vice-présidents, respectivement de Donald Trump et Joe Biden. Du fait de l'épidémie de coronavirus et notamment de la contamination de Donald Trump, ils seront séparés par une paroi en polyméthylméthacrylate. Une métaphore aussi de ce qui les sépare radicalement sur le plan politique. 

Mike Pence, 61 ans, testé négatif au nouveau coronavirus, est celui qui est resté sur le terrain pendant la quarantaine de Donald Trump. Dans l'ombre de ce dernier, il n'en reste pas moins connu du grand public américain et s'oppose en tous points au registre polémique et vociférant de l'actuel président des Etats-Unis, les deux hommes n'étant d'ailleurs pas particulièrement proches avant que Trump le désigne comme son colistier en 2016. 

Chef de la cellule de crise sur le coronavirus, il s'en est tenu sur le sujet du Covid à des propos mesurés, loin des dérapages, approximations et provocations du locataire de la Maison Blanche. Tout en prenant toujours soin de ne jamais contredire frontalement ce dernier. "Il est solide comme un roc. Il a été un vice-président fantastique", avait lancé le milliardaire républicain en août à son sujet. "Il est respecté par tous les groupes religieux. Que ce soient les évangéliques ou les autres".

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"Un chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre"

Avocat de formation, ancien animateur de radio, Mike Pence connaît bien les arcanes de Washington et y est apprécié des républicains après avoir été membre de la Chambre des représentants de 2001 à 2013 et président de la conférence républicaine (numéro 3 du parti) de 2009 à 2011. Très actif en campagne, en particulier dans le Midwest, l'ancien gouverneur de l'Indiana se décrit comme "un chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre". 

En tant que gouverneur, il s'est illustré comme un héraut des valeurs prisées par l'électorat ultra-religieux : anti-avortement, anti-mariage pour tous, et hostile à l'installation de réfugiés syriens dans son Etat. "Mike Pence est très inquiétant, d'une autre manière que Donald Trump, précise la politologue Nicole Bacharan. Il est parfaitement rationnel, parfaitement calme mais c'est un ultra-réactionnaire. C'est un chrétien ultra-conservateur, anti-avortement, anti-recherche sur les cellules-souches, anti-planning familial. C'est un conservateur sur le plan fiscal, donc réduction d'impôt et réduction des dépenses publiques. il l'est également sur le plan du réchauffement climatique dont il dit qu'il s'agit d'un mythe." Un politicien "plus aguerri, plus prévisible" mais "pas forcément plus rassurant" que Trump.  

Mike Pence a notamment signé des lois rendant plus difficile l'avortement dans l'Indiana. Et il avait été très critiqué pour avoir défendu en 2015 une loi sur la "liberté religieuse", vue par ses détracteurs comme une façon de discriminer la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres). Des positions ayant pu aider Donald Trump en 2016 auprès des conservateurs traditionnels et notamment les évangéliques, au départ réticents face à la personnalité du bouillant milliardaire.

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L'appui de cet électorat religieux pourrait encore une fois se révéler décisif pour l'élection du 3 novembre. Plus que jamais, Donald Trump a besoin de Mike Pence. Reste à savoir si, face à la pugnace Kamala Harris, il aura la stature pour réconforter son clan ; le scénario d'une succession de Mike Pence à Donald Trump étant évoqué à chaque soubresaut de l'enquête sur de possibles interférences russes dans la campagne électorale américaine en 2018. 

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