Il avait prédit une pandémie : multimilliardaire philanthrope, Bill Gates donne des millions contre le Covid-19

Il avait prédit une pandémie : multimilliardaire philanthrope, Bill Gates donne des millions contre le Covid-19
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FOCUS - Après avoir prédit la pandémie actuelle avec une exactitude frappante il y a quelques années, Bill Gates n'en finit plus de s'investir, et d'investir, dans la recherche d'un vaccin contre le Covid-19.

Le 27 mars, tandis que le nouveau coronavirus avait déjà fait des milliers de morts aux Etats-Unis, Bill Gates s'est offert la demeure la plus chère du comté de San Diego, en Californie. Une villa de 550m², nichée au bord de l'eau, sur les hauteurs de la commune huppée de Del Mar, comprenant six chambres, une terrasse avec vue plongeante sur la mer, un jacuzzi de six personnes ou encore une piscine située dans une cour intérieure. Un scandale ? Non, une information comme une autre au pays de la libre entreprise. Surtout que le milliardaire, cofondateur de Microsoft, n'a pas de comptes à rendre à qui que ce soit.

Le deuxième homme le plus riche du monde (après Jeff Bezos, et devant Warren Buffet, d'après le classement 2019 de Forbes) se consacre en effet à la philanthropie depuis bientôt vingt ans. Sa fondation, nommée "Bill and Melinda Gates" (incluant donc le prénom de son épouse), est investie sur plusieurs fronts humanitaires dans le monde, de l'éducation au changement climatique. Mais elle est surtout connue pour ses efforts dans le domaine de la santé. Elle est, à titre d'exemple évocateur, le premier contributeur privé au budget de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Aujourd'hui plus que jamais.

"Pas des missiles, mais des microbes"

"Quand j'étais gamin, la catastrophe dont on avait le plus peur était une guerre nucléaire. (...) Mais aujourd’hui, le plus grand risque de catastrophe mondiale ne ressemble pas à ça. Il ressemble à ça", déclarait-il, en montrant, sur un diaporama, la modélisation en noir et blanc du virus H1N1, lors d'une conférence datant de 2015. Il poursuivait alors ainsi : "Si quelque chose tue plus de 10 millions de gens dans les prochaines décennies, ça sera probablement un virus hautement contagieux plutôt qu'une guerre. Pas des missiles, mais des microbes. On a investi énormément dans la dissuasion nucléaire, mais très peu dans un système pour arrêter les épidémies. Le monde doit s'y préparer. Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine."

Depuis lors, Bill Gates n'a eu de cesse, à chacune de ses prises de parole publiques, d'alerter sur ce danger "où les gens infectés se sentent en bonne santé et prennent l'avion ou vont au supermarché", sur ce "lien entre sécurité sanitaire et sécurité internationale". Il a appelé, à moult reprises, les Etats à investir dans la recherche pour développer des technologies capables de créer des vaccins en quelques mois. En vain, dans l'immense majorité des cas.

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Mais le milliardaire ne se contente pas de parler. En janvier, alors que le virus avait tué environ 500 personnes en Chine,  il a investi 100 millions de dollars dans la lutte contre le nouveau coronavirus. Ce qui lui a valu, quelques semaines plus tard, ces chaleureux remerciements du président chinois Xi Jinping : "J'apprécie grandement la démonstration de générosité de la fondation Bill & Melinda Gates, et votre témoignage de solidarité pour le peuple chinois est un moment important."

Début mars, Bill Gates a lâché cinq millions de plus pour financer la distribution gratuite de tests de dépistage dans sa ville de Seattle. Et, le 16 avril, encore 150 millions, cette fois dans le but spécifique de financer la mise au point de diagnostics, de traitements et de vaccins, ainsi que le renforcement des systèmes de santé "en Afrique sub-saharienne, en Asie du sud, en Haïti, au Yémen", soit les pays les plus pauvres, donc les plus exposés. "Il y a sept milliards de gens sur la planète et nous devrons vacciner pratiquement tout le monde, mais nous n'avons pas les capacités de production", a-t-il alors justifié.

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Signe des temps : cette anticipation et ce jusqu'au-boutisme dans l'investissement font désormais de lui la cible privilégiée des complotistes américains, militants anti-vaccins ou partisans de l'extrême droite, qui l'accusent avec insistance d'avoir lui-même orchestré la pandémie pour mieux imposer la vaccination et sciemment dépeupler la terre.

Lui les comprend presque : "Cette idée est vraiment stupide, mais ce virus a causé une dévastation immense... Même moi, qui avais prévu ce type de pandémie, je suis stupéfait de l’ampleur des dommages", confiait-il au Figaro mardi. Un entretien lors duquel il a fait une nouvelle prédiction : "Nous n’allons pas revenir à la normale avant un à deux ans."

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