Il est en visite en France : qui est Mohammed ben Salmane, le prince héritier d'Arabie saoudite ?

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PORTRAIT - En pleine offensive de séduction, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, est arrivé dimanche en France pour une visite de trois jours afin de vanter ses réformes. Futur successeur de son père sur le trône royal, c'est notamment lui qui est à l'origine de l'arrestation en novembre dernier, de dizaines de princes, ministres et hommes d'affaires pour "corruption".

Le puissant prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane est arrivé en France ce dimanche pour une visite officielle qui s'étalera jusqu'à mardi. Une nouvelle étape de sa tournée mondiale qui vise à projeter une image plus libérale de son royaume conservateur et à vanter ses réformes et resserrer les liens avec Paris après des tensions liées aux crises régionales. 


Cette première visite dans l’Hexagone en tant successeur de son père, le roi Salmane, intervient après une période tumultueuse qui a vu des remaniements dans l'armée, des arrestations et une purge au sein même de la famille royale ayant abouti à une consolidation du pouvoir de "MBS", aujourd’hui âgé de 32 ans.

Une purge pour consolider son pouvoir

Des princes, des ministres mais aussi des hommes d'affaires : des dizaines de personnes ont ainsi été écrouées début novembre 2017. Une vague d'arrestations qui correspondait à l'ouverture d'enquêtes par la commission anticorruption, pour certaines assez anciennes, dont une concerne les inondations meurtrières ayant dévasté en 2009 la ville de Jeddah, à l'ouest du pays. La panique a semble-t-il été contagieuse, puisque les forces de sécurité ont cloué au sol des avions privés, peut-être pour empêcher que certaines personnalités quittent le territoire.

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Vaste purge en Arabie Saoudite

Aussi vaste soit-elle, cette purge apparait comme la mise en pratique de l'intervention choc du prince héritier à un forum économique d'investisseurs le 24 octobre à Ryad. Ce jour-là, il avait promis une nouvelle Arabie "modérée, ouverte et tolérante", en rupture avec l'image d'un pays longtemps considéré comme l'exportateur du wahhabisme, doctrine rigoriste a ses affidés dans les rangs djihadistes. Et le nouvel homme fort du royaume de marteler : "Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant".

Un dirigeant favorable à un "assouplissement" des règles pour les femmes

Le prince s'était déjà offert un joli coup de publicité en septembre, en annonçant la levée de l'interdiction faite aux femmes de conduire. Une révolution dans ce pays, le seul à appliquer une telle règle. Depuis, des Saoudiennes ont célébré la fête nationale mêlées aux hommes, et trois stades vont désormais être autorisés à la gente féminine. Du jamais vu, certes… Sauf que, peu auparavant, les forces de police avaient procédé à des arrestations dans les milieux religieux et intellectuels. En outre, les femmes restent soumises à la tutelle d'un homme pour faire des études ou voyager.

Une ascension fulgurante

Né le 31 août 1985, "MBS" est diplômé de droit de la King Saud University. Père de deux garçons et de deux filles, il est devenu en 2009 conseiller spécial de son père, qui était à l'époque gouverneur de Ryad, avant de diriger le cabinet princier en 2013 quand son père est devenu prince héritier.


En avril 2014, Mohammed ben Salmane était devenu secrétaire d'Etat et membre du gouvernement, avant sa nomination comme ministre de la Défense et chef du cabinet royal le 23 janvier 2015, jour où son père a succédé au roi Abdallah, mort à 90 ans. Ayant la réputation d'un réformateur pressé, celui qui n'est pas partisan de la polygamie en vigueur dans son pays n'était pas destiné à prendre les rênes du pouvoir : il était second dans l'ordre de succession, position qu'il avait décrochée, en même temps qu'une série de responsabilités économiques et militaires lorsque son père a accédé au trône.

Acquisitions fastueuses

Outre son ascension politique, Mohammed ben Salmane procède à des acquisitions fastueuses. Selon le New York Times, il aurait ainsi acheté il y a deux ans le "Château Louis XIV" à Louveciennes (Yvelines) pour 275 millions d'euros, en faisant la demeure la plus chère du monde. C'est aussi lui qui a récupéré aux enchères en novembre "Salvator Mundi", un tableau de Leonard de Vinci, pour 382 millions d'euros. 

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"Salvator Mundi" devient le tableau le plus cher de l'histoire

Là aussi, l'oeuvre est désormais devenue la plus chère du monde. 

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