"Il prend tout ça comme un challenge" : le fils de Carlos Ghosn évoque les conditions de détention de son père

International
JAPON - Alors que le patron de Renault et de l'alliance Renault-Nissan fera mardi sa première apparition publique depuis son incarcération pour des accusations de malversations financières et d'abus de confiance aggravé, Anthony Ghosn se confie dans un entretien au JDD ce 6 janvier. Selon lui, le PDG est déterminé à prouver son innocence.

"Je n'ai pas de nouvelles directes de lui, j'en ai par ses avocats japonais." Pour la première fois depuis l’arrestation de Carlos Ghosn au Japon, son fils Anthony se confie sur la détention, selon lui difficile, de son père auprès du JDD. En garde à vue depuis plus d'un mois et demi dans une prison de la capitale japonaise pour des soupçons de malversations financières, le patron de Renault et de l'alliance Renault-Nissan doit, à sa demande, comparaître mardi, ce qui obligera le procureur à clarifier publiquement le motif de sa détention prolongée. 


Selon le benjamin de la famille, "il résiste, même s'il a perdu une dizaine de kilos en mangeant trois bols de riz par jour. Les conditions ne sont pas très saines. Mais il prend tout ça comme un challenge" et "il lit des livres qu'on lui fait passer presque chaque jour". Et de poursuivre : "Il est en bonne forme. Il est prêt à se défendre de façon vigoureuse, et est très concentré sur l'objectif de répondre aux accusations lancées contre lui. Il est surtout très calme", affirme le jeune homme de 24 ans.

"Tout le monde sera assez surpris en entendant sa version de l'histoire"

L'audience qui se tiendra devant un tribunal de Tokyo "va être très importante", ajoute-t-il. "Pour la première fois, il pourra s'exprimer sur les faits qu'on lui reproche, donner sa vision. Je pense que tout le monde sera assez surpris en entendant sa version de l'histoire. Jusqu'à maintenant, on a seulement entendu l'accusation. Il aura dix minutes pour s'exprimer" et "il ne lâchera rien", poursuit Anthony Ghosn. Pour comparaître, "il portera sa tenue de prisonnier et sera menotté", précise-t-il au JDD.


Carlos Ghosn, père de quatre enfants, arrêté le 19 novembre a été inculpé le 10 décembre pour minoration illégale de ses revenus dans des rapports annuels de Nissan remis aux autorités boursières. Le 21 décembre, alors qu'il pouvait être théoriquement libéré sous caution, il a été remis en garde à vue pour de nouvelles charges. Il est soupçonné d'avoir fait couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels pendant la crise de 2008. "Tout ce que je peux dire, c’est qu’il a géré des entreprises cotées pendant vingt ans sans éveiller la moindre suspicion. Son bilan est irréprochable", ajoute-t-il. "Ma conviction est qu’il est innocent." 

En vidéo

Carlos Ghosn : dans le secret de sa détention

"La seule condition [de sa sortie] est une confession"

Il explique que "la seule condition [de la sortie de son père] est une confession". Et de détailler : "chaque jour quand il se réveille dans le centre de détention, il peut dire au procureur qu’il conteste ce qu’on lui reproche, ou au contraire avouer et être libéré. Depuis sept semaines, sa décision a été assez claire." 


Contraint au silence, le PDG de Renault pourrait donc être libéré à condition de signer des aveux, selon son fils. "Le paradoxe, c'est que la confession qu'on lui demande de signer est écrite exclusivement en japonais", or "il ne parle pas cette langue", précise-t-il. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter