Depuis Trump, voyager aux États-Unis n'est plus si facile

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Le "Muslim Ban" de Donald Trump

IMMIGRATION - Plus d'un mois après la prise de pouvoir de Donald Trump, les États-Unis ont renforcé les mesures contrôlant l'immigration. Déjà connus pour être parmi les plus drastiques au monde, les contrôles américains sont tels que plusieurs cas de détention sans motif de passagers ont été constatés.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, voyager aux États-Unis n'est plus aussi simple. Après les mésaventures de l'ancien footballeur Dwight Yorke et du fils de Mohammed Ali, interdits d'entrée sur le sol américain, l'historien français Henry Rousso a été détenu plusieurs heures mercredi dernier, dans un aéroport du Texas, à Houston, sans réelle raison apparente. 

L'intéressé a d'ailleurs confirmé sur Twitter son arrestation : "J'ai été détenu pendant 10 heures à l'aéroport international de Houston, et sur le point d'être déporté. L'agent qui m'a arrêté était 'inexpérimenté'", a-t-il écrit. Né en Égypte mais déchu de sa nationalité, ce spécialiste de la Seconde guerre mondiale et du négationnisme pourrait avoir été retenu sur place car considéré comme "étranger illégal". Interrogé par le quotidien texan The Eagle, premier à avoir relayé l'information, Fatma Marouf, une professeure en droit, estime "qu'il y a plus de rigidité et de rigueur dans l'application des recommandations migratoires". 

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"Une liberté de déporter" pour les services de l'immigration

Selon The New York Times, depuis l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les agents chargés de l'immigration se sont "enhardis", abusant d'une "nouvelle liberté de déporter". Pour étayer son propos, le quotidien s'appuie sur deux exemples concrets, aux deux extrémités du pays. 

À New York, des passagers d'un vol domestique ont été obligés de présenter leurs documents avant d'être autorisés à descendre de l'avion à l'aéroport JFK. En Californie du Sud, 161 personnes ont été retenues car connues pour des petits faits de délinquance. Dix autres, qui n'avaient aucun passé judiciaire, ont subi le même sort. 

Les règles mises en place sous l'administration Obama "qui les obligeaient à se concentrer uniquement sur les criminels sérieux" sont "finies", avance le journal, en écho au témoignage d'un agent, dont l'identité a été volontairement cachée, expliquant que "maintenant, [les petits délinquants] étaient de nouveau une priorité".

Les États-Unis repliés sur eux-mêmes ?

Ces nouvelles "mesures" s'ajoutent à celles déjà existantes. Étonnant, surtout lorsqu'on sait que les contrôles américains à l'immigration sont parmi les plus drastiques au monde. Les demandes de visa sont elles passées au peigne fin, tandis que dans les pays où il n'est pas nécessaire, les passagers doivent remplir une autorisation de voyage ESTA valable 2 ans. Washington demande aussi aux compagnies aériennes les listes des passagers avant chaque vol à destination des États-Unis. Enfin à l'arrivée sur le sol américain, les contrôles biométriques sont effectués lors du passage aux guichets de l'immigration.

Fidèle à ses promesses de campagne, Donald Trump a libéré les mains des ces agents d'immigration, liées autrefois par des règles trop strictes. Le président des États-Unis avait déjà donné un sérieux tour de vis en visant certains pays musulmans avec le "Muslim Ban", aujourd'hui suspendu par une décision de justice. Mais malgré le tollé contre ce décret porté par le milliardaire américain, les règles d'immigration ont bel et bien changé outre-Atlantique. Et à chaque jour qui passe, une nouvelle affaire vient nous le rappeler.  

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Pour Donald Trump, le décret anti-immigration sera ressuscité

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