La France va accueillir "dans les prochains mois" 400 demandeurs d'asile arrivés de Grèce

La France va accueillir "dans les prochains mois" 400 demandeurs d'asile arrivés de Grèce
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RÉFUGIÉS - Pour faire face à "l'augmentation des flux migratoires", la France a annoncé ce jeudi qu'elle accueillerait 400 demandeurs d'asile de Grèce "dans les prochains mois". Plus de 37.000 personnes s'entassent actuellement dans les cinq "hot-spots" grecs de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos.

Une "main tendue" à la Grèce. La France a annoncé ce jeudi 12 décembre qu'elle accueillerait "dans les prochains mois" 400 réfugiés exilés dans ce pays devenu en 2019 la principale porte d'entrée migratoire vers l'Europe. "Nous avons proposé de relocaliser 400 réfugiés identifiés vers la France", a expliqué à l'AFP le ministère de l'Intérieur, justifiant cette aide apportée par la "pression migratoire" que subit Athènes. Une décision que Beauvau explique en outre par "l'augmentation de 60%" du flux migratoire vers la Grèce en provenance de Turquie entre 2018 et 2019, "alors que ces flux baissent ailleurs".

Selon le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) de l'ONU, la Grèce est redevenue en 2019 la première porte d'entrée des migrants et réfugiés en Europe, avec plus de 103.000 réfugiés et migrants. Le flux migratoire via les îles de la mer Égée face à la Turquie reste le plus important de ces dernières années avec plus de 55.000 arrivées en 2019. Les arrivées par la frontière terrestre avec la Turquie augmentent : en 2019, plus de 14.000 personnes ont emprunté ce chemin périlleux, selon le HCR. 

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Cette aide de la France à la Grèce est "inédite depuis 2017" et la fin du programme de "relocalisations" mis en place en 2015, au plus fort de la crise migratoire pour soulager l'Italie et la Grèce des afflux de migrants fuyant la guerre, a souligné l'Intérieur. Entre 2015 et 2017, précise-t-il auprès de l'AFP, 4322 personnes avaient été relocalisées sur le sol français. Sur la même période, environ 30.000 personnes avaient été réparties selon ce programme sur le territoire européen. 

"On doit se diriger vers une refonte du système d'asile européen. Ainsi, l'action d'urgence que l'on fait là de façon ad hoc pour la Grèce, pourra devenir une action d'architecte permanente à laquelle tout le monde participe", insiste une source au ministère de l'Intérieur.

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On ne va pas laisser la Grèce sans aide face à ce défi humanitaire- Patrick MAISONNAVE, ambassadeur de France à Athènes

En parallèle de l'accueil de ces 400 personnes sur le sol français, l'ambassadeur de France à Athènes, Patrick Maisonnave, a précisé à l'agence de presse grecque ANA que la France allait "collaborer avec la Grèce et l'Agence européenne de contrôle des frontières Frontex pour (le) renvoi dans leurs pays d'origine" des personnes n'étant pas éligibles à l'asile. 

"On ne va pas laisser la Grèce sans aide face à ce défi humanitaire et face à la Turquie voisine qui a menacé à plusieurs reprises d''ouvrir les portes' aux migrants", a poursuivi l'ambassadeur. "Aucun pays ne peut faire face à ces enjeux tout seul." "Le système européen de gestion des demandeurs d'asile doit certainement changer. La situation dans les 'hot-spots' est très grave", a-t-il estimé. Plus de 37.000 personnes s'entassent actuellement dans les cinq "hot-spots" de Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos - les camps où sont effectués leur enregistrement - pour une capacité théorique de seulement 6200 places.

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La question de la répartition des demandeurs d'asile reste un casse-tête dans l'Union européenne depuis la crise migratoire de 2015, les quatre pays membres dits de Visegrad (la République Tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie) s'opposant toujours à leur accueil. "Le droit d'asile doit être renforcé, les frontières de l'Europe mieux contrôlées et la solidarité entre États membres assurée", a tweeté ce jeudi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, à l'issue d'une rencontre à Beauvau avec le vice-président de la Commission européenne en charge des questions migratoires, le Grec Margaritis Schinas.

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