Destitution de Donald Trump : "Quand le Congrès veut, le Congrès peut"

Destitution de Donald Trump : "Quand le Congrès veut, le Congrès peut"

DECRYPTAGE – Après les violences du 6 janvier au Capitole, Donald Trump est sous le coup d'une seconde procédure de destitution. Le texte a-t-il des chances d'aboutir alors qu'il ne reste plus qu'une dizaine de jours au pouvoir au président ? Explications.

Et si cette fois-ci c'était la bonne ? Moins d'un an après avoir été acquitté par le Sénat, Donald Trump pourrait être confronté ces prochaines heures à une seconde procédure de destitution. C'est en tout cas le souhait de Nancy Pelosi : déjà à la manœuvre fin 2019, la présidente démocrate de la Chambre des représentants espère que les événements du Capitole mercredi dernier permettront de faire tomber celui qu'elle considère comme une "menace imminente" pour la démocratie.

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Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Pour mener à bien son projet, la très puissante patronne des démocrates fourbit ses armes. Première d'entre elles : le 25ème amendement de la Constitution. Celui-ci consiste pour le vice-président et les principaux ministres à constater l'inaptitude du président à exercer sa fonction. Mais nul doute que Mike Pence, fidèle de la première heure de Donald Trump, refusera d'appliquer une telle sentence. D'où le très vraisemblable déclenchement d'une nouvelle procédure de destitution. 

"Tout peut aller très vite"

"Il est fou, déséquilibré et dangereux. Il doit partir", a martelé dimanche Nancy Pelosi, sûre de son coup. Il faut dire que l'article de mise en accusation, signé par au moins 180 parlementaires selon l'élu démocrate Ted Lieu, est déjà sur son bureau. A-t-il une chance d'aboutir ? Soufian Alsabbagh, professeur de géopolitique au Baruch College à New York en est convaincu : "Aux États-Unis, quand le Congrès veut, le Congrès peut. Des textes ont été votés à la dernière minute, comme celui sur la plafond de la dette ou, pas plus tard que le 1er janvier 2021, celui sur le budget de la Défense. Ce dernier, qui avait fait l'objet d'un véto par Trump, a été renversé."

Pour ce spécialiste des États-Unis, le calendrier serré auquel fait face le camp démocrate n'est pas un obstacle à la chute du magnat de l'immobilier. "On peut avoir un vote dès mercredi, tout cela peut aller très vite. Le Sénat n'est officiellement plus en session jusqu'au 19 janvier. Mais le majority leader (le leader de la majorité, ndlr), Mitch McConnell, peut ramener en session les sénateurs quand il le souhaite. S'il veut faire revenir tout le monde le 14, il le peut." Reste à convaincre une poignée d'élus républicains : "La chambre des représentants passera le texte, explique Soufian Alsabbagh. Mais au Sénat, les choses se compliquent : il faut que 18 sénateurs républicains se rallient à tous les démocrates pour destituer Trump". Si certains d'entre eux ont d'ores et déjà quasiment franchi le Rubicon - Ben Sasse a par exemple affirmé qu'il examinerait les chefs d'accusation -, le plus dur reste à faire pour les démocrates. Mais le jeu en vaut la chandelle.

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Joe Biden refuse de prendre position

"En raison de la gravité des événements de la semaine dernière, c'est le devoir constitutionnel des démocrates de sanctionner politiquement Donald Trump", estime le professeur de géopolitique. Mais surtout, cela permettrait d'écarter dès maintenant le président sortant de l'échiquier politique. "L'impeachment peut donner la possibilité aux démocrates, mais aussi aux républicains, d'empêcher Trump de concourir à un futur poste électif aux États-Unis. Il suffit de noter dans les articles d'impeachment que la personne destituée n'a plus le droit de se présenter à une élection future. Cela prend une ligne sur le document ! Cela peut favoriser les démocrates bien sûr. Mais aussi certains républicains : des personnes comme Ted Cruz tiennent là l'occasion de se débarrasser d'un rival pour 2024."

Le sénateur républicain Lindsey Graham a pour sa part mis en garde contre une telle démarche qui risquerait de "détruire encore plus le pays". Cet intime de Donald Trump a même demandé à Joe Biden d'intervenir : "J'espère que vous ferez usage de votre pouvoir pour arrêter ça avant qu'il soit trop tard". Se posant en pacificateur d'un pays ébranlé par les événements du Capitole, le président élu s'est bien gardé de prendre position sur cette question de l'impeachment. Le futur patron des États-Unis a botté en touche, estimant que c'est au Congrès de décider.

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