"Impeachment" ou vacances au golf ? Les cinq scénarios des derniers jours de Trump

"Impeachment" ou vacances au golf ? Les cinq scénarios des derniers jours de Trump

QUELLE FIN DE RÈGNE ? - Destitution, "impeachment", ou vacances au golf... Cinq scénarios sont désormais possibles pour les derniers jours du mandat de Donald Trump après le coup de force de ses partisans au Capitole (et la suspension de son compte Twitter).

Une présidence au bord de l'implosion. Après les violences qui ont endeuillé le Capitole, ébranlé l'Amérique et sidéré le monde, Donald Trump se trouve totalement isolé, potentiellement sous le coup d'une nouvelle procédure de destitution et privé de son canal de communication favori, Twitter.

Reclus dans la Maison Blanche, lâché par nombre de ténors républicains, le président américain a annoncé, dans un dernier tweet laconique sur feu son compte Twitter personnel, qu'il n'assisterait pas, contrairement à la tradition, à la cérémonie d'investiture de son successeur Joe Biden.

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Ainsi, quelle pourrait être la (meilleure) porte de sortie afin qu'il évite de mettre à nouveau le feu aux poudres d'ici là ? Plusieurs options sont sur la table. 

Démission ?

Depuis les violences au Capitole commises mercredi 6 janvier par ses partisans, les démissions s’enchaînent aussi bien au sein de son équipe rapprochée que de son gouvernement. Quid d'une démission de Donald Trump ? La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a formulé cette alternative vendredi dans une lettre où elle a rappelé le rôle des républicains dans la décision du président Richard Nixon de démissionner en août 1974, à la veille de sa mise en accusation pour le scandale du Watergate.  

Le Wall Street Journal, propriété du magnat Rupert Murdoch, qui fut un allié de Trump, a appelé dans un éditorial ce dernier à prendre ses responsabilités et à démissionner. "C'est mieux pour tout le monde, y compris lui-même, s'il s'en va tranquillement", écrit la rédaction. 

Certes, dans un message vidéo diffusé ce jeudi soir, le tempétueux milliardaire a enfin reconnu sa défaite, marquant une rupture après des semaines de rhétorique incendiaire. Mais en dépit de ce changement de ton, le président n'a pas fait le lien entre ses appels enflammés à ses partisans et leur coup de force sur le siège du Congrès. Il serait fort surprenant que Trump, se décrivant comme "un génie stable" et "très beau", peu enclin à l'autocritique, remette de son propre chef sa démission.  

Mike Pence aux commandes ?

Certains de ses détracteurs estiment que le plus simple serait que le 45e président se taise et laisse de facto le vice-président Mike Pence aux commandes jusqu'au 20 janvier, date à laquelle Joe Biden prêtera serment.

De fait, démocrates, éditorialistes et même quelques voix républicaines exhortent Mike Pence à activer le 25e amendement de la Constitution, qui permet de mettre à l'écart un président jugé "inapte" à exercer ses fonctions. Mais le loyal vice-président n'y semble pas favorable, selon les médias américains. Il craint aussi d'aggraver les tensions, selon un de ses proches au New York Times. Pour agir, il lui faudrait le soutien d'une majorité des membres du cabinet, ce qui paraît difficile. 

Second "impeachment" ?

Si Mike Pence n'agit pas, que faire ? Le Congrès lancera alors une nouvelle procédure en destitution. Une mise en accusation pour "incitation à l'insurrection" pourrait être introduite à la Chambre des représentants dès lundi, selon les médias. Pour destituer Donald Trump, il faudrait ensuite qu'il soit jugé coupable par les deux tiers du Sénat, ce qui n'a aucune chance de se produire avant la prestation de serment de Joe Biden, le 20 janvier. 

Reste qu'un second "impeachment", après l'échec d'un procès en destitution début 2020, laisserait une marque indélébile sur son bilan : aucun président américain n'a subi cette infamie. Par ailleurs, comme le note Didier Combeau, politologue spécialiste des États-Unis, interrogé ce samedi sur LCI, "l’enjeu s'avère la rééligibilité de Trump en 2024", expliquant la raison de cette destitution en si peu de temps : "C'est compliqué à mettre en place, il faut un vote à la majorité simple de la chambre des représentants et un vote de 60 des 100 sénateurs pour destituer Trump", explique-t-il. "Si cette procédure parvenait à son terme - ce qui paraît difficile en raison des délais très serrés - Trump ne pourrait pas se représenter aux élections en 2024." 

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Vacances forcées jusqu'au 20 janvier ?

Quid d'un silence radio pour le président sortant ? Ceux qu'il écoute encore "devraient dire au président Trump de quitter la ville: prenez Air Force One, allez à Mar-a-Lago et restez-y", a estimé sur NPR l'ex ministre à la Sécurité intérieure de Barack Obama, Jeh Johnson. 

Féru de golf, Donald Trump possède de nombreuses propriétés en Floride, en Virginie, mais aussi en Ecosse, où il a déjà passé beaucoup de temps pendant sa présidence. Il pourrait s'y rendre à nouveau, à défaut de pouvoir tweeter pour occuper son temps libre. Si tant est que la Première ministre écossaise ne s'y oppose pas...

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Fuite en avant pour revenir en 2024 ?

Dans un tweet envoyé vendredi 8 janvier (et effacé depuis), Donald Trump a assuré via le compte présidentiel que les "75 millions de grands patriotes américains qui ont voté" pour lui auraient "une ÉNORME VOIX à l'avenir".

Donald Trump qui avait évoqué une nouvelle candidature à la présidence en 2024 pourrait alors être tenté d'utiliser les derniers jours de son mandat pour solidifier sa base électorale. Nonobstant ses promesses d'assurer une transition "sans accrocs", il a fait savoir dans un ultime tweet sur son compte personnel qu'il n'assisterait pas à la cérémonie d'investiture de son successeur. Du jamais vu depuis 1869. 

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