Incendie de la tour Grenfell à Londres : la municipalité aurait préféré faire des économies au détriment de la sécurité

Incendie de la tour Grenfell à Londres : la municipalité aurait préféré faire des économies au détriment de la sécurité

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ACCUSATIONS - Les révélations publiées dans les médias britanniques ce vendredi suscitent la colère. Selon une série d'e-mails obtenus entre autres par la BBC, la municipalité aurait fait pression sur l'entreprise responsable de la rénovation de la tour Grenfell en 2014 pour payer moins cher. Le tout au détriment de la sécurité.

Le bilan n’est toujours pas définitif, mais on sait aujourd’hui qu’au moins 80 personnes ont trouvé la mort le 14 juin dernier dans l’incendie de la tour Grenfell. À Londres comme ailleurs, les images de ce brasier terrifiant sont restées gravées dans les mémoires. La colère, elle, gronde contre ce drame qui n’aurait jamais dû arriver. Et les dernières révélations du Times, du Guardian et de la BBC ce vendredi ne risquent pas d’apaiser les tensions. Selon des courriels que les quotidiens et la chaîne de télévision ont obtenus, la municipalité de Kensington et Chelsea, qui abrite la tour Grenfell, a fait pression sur l'entreprise responsable des travaux afin d'avoir "un bon prix" pour la rénovation de l'immeuble HLM. Ces échanges sont datés de juillet 2014.

Des choix guidés par l'argent

Parmi les trois options évoquées dans les e-mails pour réduire les coûts, la Kensington and Chelsea Tenant Management Organisation (KCTMO), l’organisme public qui administre le parc de logements sociaux pour la municipalité, évoque la possibilité d'utiliser des panneaux d'aluminium plutôt que du zinc en façade. Cette dernière option avait été présentée et acceptée par les habitants de la tour en 2012. Moins chers, les panneaux en aluminium sont aussi moins résistants au feu. Selon les documents obtenus entre autres par le Guardian la raison d’une telle décision repose avant tout sur l’économie réalisée, 333.000 euros, mais aussi sur le design. Choisir des panneaux en aluminium permettait un choix de couleur.


Ces panneaux, de composite d’aluminium et de polyéthylène, sont soupçonnés d'avoir favorisé la virulence de l'incendie. Lundi, le fabriquant américain Arconic a annoncé l’arrêt de leur vente pour les immeubles en hauteur. Ils seraient déjà installés, selon le gouvernement britannique, sur 149 tours. Soit autant d’immeubles qui ont déjà été identifiés comme non conformes aux normes incendie.

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Vives tensions

Déjà fustigée pour sa gestion du drame, la municipalité de Kensington et Chelsea a aussi été critiquée pour avoir exclu les survivants de l'incendie et les médias d'une réunion de son conseil jeudi soir. "A sa première occasion de donner des réponses, le conseil a décidé de bannir les habitants du quartier et les journalistes. Cela dépasse l'entendement, c'est de la folie", a fustigé selon l’AFP le maire de Londres, Sadiq Khan. La séance avait finalement été ajournée lorsque les habitants et les journalistes avaient été admis dans la salle sur décision de la justice. 

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