Bolsonaro pourrait accepter les 20 millions d'euros du G7 pour l'Amazonie... si Macron "retire ses insultes"

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La forêt amazonienne touchée par des incendies ravageurs

AMAZONIE - Alors que les incendies continuent de dévorer la forêt Amazonienne au Brésil, le président Jair Bolsonaro boude l'aide d'urgence de 20 millions de dollars proposés par les pays du G7, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Seule condition à un changement de situation : qu'Emmanuel Macron s'excuse pour les "insultes" proférées contre le président brésilien.

La main tendue pourrait finalement être acceptée... sous conditions. Le président Jair Bolsonaro s'est dit mardi prêt à discuter d'une aide du G7 pour lutter contre les incendies en Amazonie si Emmanuel Macron "retirait les insultes proférées" contre sa personne. Une référence aux récentes déclarations du chef d'Etat français à propos de son homologue brésilien.

"Menteur", "honte des Brésiliens", "pas à la hauteur"

"D'abord il m'a traité de menteur et ensuite, d'après mes informations, il a dit que notre souveraineté sur l'Amazonie était une question ouverte", a dit Jair Bolsonaro avant de rencontrer les neuf gouverneurs d'Etats d'Amazonie. "Avant de discuter et d’accepter quoi que ce soit de la France (…), M. Macron doit retirer ses paroles et à partir de là, nous pourrons parler", a-t-il ensuite précisé à quelques journalistes.

Pour rappel, Emmanuel Macron a bien dit que Jair Bolsonaro avait "menti" sur ses engagements environnementaux. Puis d'autres accusations ont fusé après un commentaire déplacé du président brésilien sur Brigitte Macron. Le chef de l'Etat a alors déclaré que "les Brésiliens avaient sans doute un peu honte" de leur chef d'Etat et que le monde attendait un président brésilien "à la hauteur". Lundi 26 août, à l'issue de trois jours du G7 à Biarritz, les pays présents lors du sommet ont débloqué 20 millions de dollars pour combattre les incendies en Amazonie.

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Une légère inflexion ?

Cette acceptation sous condition marque tout de même une avancée dans le dossier Amazonie. Lundi 26 août, Jair Bolsonaro et son gouvernement assuraient encore qu'il était hors de question d'accepter l'aide d'urgence proposée par les pays du G7. Ils assuraient au passage que les incendies en Amazonie, étaient "sous contrôle", malgré leur progression en ce début de semaine.

Onyx Lorenzoni, le chef de cabinet du président brésilien, avait notamment formalisé le rejet de l'aide par Brasilia dans un communiqué sur le site du gouvernement : "Nous remercions le G7 pour son offre, mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l'Europe". Dans une interview plus informelle, M. Lorenzoni a aussi affirmé : "Macron n'arrive même pas à éviter un incendie prévisible dans une église qui fait partie du patrimoine mondial de l'humanité, et il veut nous donner des leçons pour notre pays ?". Une allusion à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier.

Une prise de position ferme de Brasilia, confirmée par un tweet de Jair Bolsonaro : "Nous ne pouvons pas accepter qu'un président, Macron, déchaîne des attaques déraisonnables et gratuites contre l'Amazonie, ni dissimule ses intentions derrière l'idée d'une 'alliance' des pays du G7 pour 'sauver' l'Amazonie, comme si nous étions une colonie ou un no man's land."

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Une version différente de celle livrée aux médias vingt-quatre heures plus tard. Bien qu'il soit difficile d'estimer si c'est un changement d'avis ou une provocation, la balle est dans le camp d'Emmanuel Macron.

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