Incendies meurtriers en Grèce : le sort tragique de tout un groupe mortellement piégé par les flammes

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TRAGÉDIE - Le sable fin de la plage de Mati a laissé place à un tapis de cendres. Cette zone, située à une quarantaine de kilomètres d'Athènes, a été ravagée par les flammes lundi soir. Parmi les 79 victimes, le sort de 26 personnes piégées ensemble par les flammes a ému le pays.

Les amants de Pompéi sont devenus la représentation universelle de l’amour. Deux corps enlacés pour l’éternité, pétrifiés par la lave du Vésuve. Un destin funèbre qui fait aujourd'hui écho à celui de 26 personnes décédées lundi soir dans les violents incendies qui ravagent la Grèce et notamment la station balnéaire de Mati, là où elles ont péri, toutes réunies dans la cour d'une villa.

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Retrouvées carbonisées et enlacées les unes aux autres dans ce lieu qui était encore entouré d'un champ de pinède il y a quelques jours, ces 26 victimes ont été piégées par les flammes. Résignées, elles avaient manifestement choisi de s'embrasser une dernière fois.

Sur le mauvais chemin

Une journaliste de la chaîne publique grecque ERT raconte comment le feu a encerclé le groupe. Voyant les flammes avancer à toute allure, portées par des rafales de vent à 100 km/heure, les victimes ont voulu se sauver en rejoignant la mer. Elles se sont alors engagées dans un sentier qui semblait descendre vers la plage. Une petite route en terre avec deux issues possibles. 

A gauche, le sentier amène à deux tavernes, au beau milieu d'une plage. Mais à droite, il conduit à ce champ, situé sur une colline surplombant la mer. Et c'est malheureusement, sur ce dernier chemin que le groupe a décidé de s'engager. Une fois arrivé sur le terrain, les victimes n’avaient plus aucune échappatoire. 

Je ne pouvais pas savoir si ce que je voyais à terre était des bouts de bois ou des personnes- Pantelis Saitas, photo-reporter

Arrivé sur place à 10h, peu après les secours, Pantelis Saitas raconte ne pas avoir compris immédiatement l’ampleur des dégâts. "De là où j’étais, je ne pouvais pas savoir si ce que je voyais à terre était des bouts de bois ou des personnes", explique-t-il à LCI. "Les cendres, la terre et ce qui restait des victimes se mélangeaient pour former un ensemble gris et marron." Sur place, impossible de reconnaître les visages de ces personnes. Selon le photo-reporter, tous ont été transportés à la morgue d’Athènes peu après. 

La douloureuse identification des familles

Interrogé par la chaîne privée ANT1, le médecin légiste Elias Bogioka, témoigne des difficultés qu’il rencontre à la morgue de Goudi, un quartier du centre d’Athènes. Pour lui, la reconnaissance sur la base des caractéristiques physiques d’un corps est compliquée. Alors pour identifier les victimes, il pense qu’il faudra attendre les résultats des examens de leur ADN.

Comment peut-on faire face à ça ?- Elias Bogioka, médecin légiste à Athènes

Lors de sa déclaration, le praticien s'est montré particulièrement ému par le nombre de corps d’enfants qu’il voyait arriver les uns après les autres à la morgue. Il pense notamment aux familles qui restent derrière, confiant son désarroi face à "ce moment où les mères viennent identifier leur enfants".  Et d'ajouter, la voix tremblante : "Comment peut-on faire face à ça ? Et il n’y en a pas qu’un ou deux. Là, on parle d’histoires en nombre. Qui s’enchaînent l’une après l’autre." 

Selon lui, la longue épreuve d’identification des corps, commencée ce mercredi matin, devrait encore durer jusqu'à samedi. 

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