Inde : enquête ouverte après des agressions sexuelles de masse à Bangalore la nuit du Nouvel an

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VIOL - De nombreuses Indiennes ont fait face à une agression sexuelle d'envergure lors des célébrations du Nouvel an à Bangalore. Après avoir recueilli des éléments de preuve "crédibles", la police a annoncé ce mercredi l'ouverture d'une enquête.

Les internautes l'ont qualifié de "nuit de l'horreur". A Bangalore, dans le sud de l'Inde, les célébrations du Nouvel an se sont transformées en "agression de masse", selon les termes utilisés par les médias indiens. Des femmes, qui participaient aux festivités du réveillon, ont été pourchassées par des hommes, victimes d'attouchements, brutalisées et volées. 

Les journalistes du Bangalore Mirror étaient sur place et ont témoigné de "l’agression de masse éhontée" dans les rues de la ville. Selon le journal, des femmes ont dû "enlever leurs talons et aller chercher de l’aide" après qu’une foule d’hommes, nombre d’entre eux ivres, se sont mis à les harceler.

Des femmes effrayées essayaient de trouver des endroits sûrs pour se cacher des assaillants- Un témoin

Un témoin a confié à The Guardian que des femmes effrayées essayaient de trouver des endroits sûrs pour se cacher des assaillants. "C’étaient des actes inhumains. Des hommes […] les agressaient, les insultaient, les provoquaient. [...] Je ne pouvais pas supporter ça, je me sentais impuissant", a-t-il expliqué, partageant ses émotions auprès du média britannique.

La police s'est refusée dans un premier temps à ouvrir une enquête, expliquant être dans l'attente de plaintes. L'apparition d'une vidéo dans laquelle on voit deux hommes à scooter agresser une jeune femme dans une allée a délenché l'ouverture d'une enquête pour harcèlement sexuel, tentative de dévêtir les victimes et de les retenir contre leur gré, a expliqué à Reuters un commissaire de police, Ajay Hilton.

"L'influence de l'Occident"

Ces agressions, qui rappellent celles commises un an auparavant par des groupes de migrants dans plusieurs villes d'Allemagne dans la nuit de la Saint-Sylvestre, ont suscité l'indignation en Inde, notamment après les déclarations du ministre de l'Intérieur de l'Etat du Karnataka  à la télévision The Times Now : "Lors d'évènements comme le Nouvel an, des femmes sont harcelées ou maltraitées. De telles choses arrivent", a-t-il commenté. 

Enfonçant le clou, le haut responsable a assuré que ces femmes avaient été victimes d'agressions sexuelles "malheureuses" pour s'être vêtues à l'occidentale. "Elles essaient de copier les Occidentales. Pas seulement dans la façon de penser mais aussi dans leurs vêtements", a-t-il déclaré en déplorant qu’il ne pouvait pas "forcer les gens à s’habiller comme les Kannadigas (groupe dominant dans l’Etat)".

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Des propos aussitôt condamnés par les internautes : "#bangaloremolestation montre combien il est facile d'agresser les femmes", a déclaré sur Twitter Falguni Vasavada. "Comme les attouchements sont faciles! Comme la sécurité est fragile!"

Plus de 34.000 viols ont eu lieu en 2015

Alors que les condamnations pleuvaient de toutes parts, le ministre de l'Intérieur a déclaré que ses propos avaient été déformés. Le secrétaire d'Etat indien à l'Intérieur Kiren  Rijiju a parlé de commentaires "irresponsables". "Nous ne pouvons permettre que ces actes honteux de #MassMolestation restent impunis", a-t-il dit sur Twitter. La sécurité des femmes est "un must dans les sociétés civilisées".

Pour autant, les crimes et délits sexuels font partie du quotidien en Inde. Plus de 34.000 viols ont eu lieu en 2015, selon le Bureau national du crime. Le chiffre réel est sans doute plus élevé, les femmes hésitant souvent à porter plainte de peur d'être rejetées par la société.

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