Inde : une épidémie d'encéphalite tue plus de 150 enfants, les litchis en cause

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DÉTRESSE - L'Etat du Bihar, dans le nord de l'Inde subit une épidémie d'encéphalite aiguë, qui a tué depuis le 1er juin plus de 150 enfants. La maladie - qui peut se soigner avec un traitement immédiat - atteint les victimes en un temps record. Dans cette région pauvre de l'Inde, le système de santé n'est pas suffisant face à la crise.

Sans traitement immédiat, l'issue est fatale dans la plupart des cas. Depuis début juin, une épidémie d'encéphalite aiguë tue les enfants dans l'Etat du Bihar, au nord de l'Inde. Les jeunes victimes souffrent très vite d'une forte fièvre, de convulsions et de crises de vomissements. Selon le dernier bilan officiel des autorités, lundi 24 juin, 152 enfants sont morts de cette épidémie.


Face à l'aggravation de la situation, la Cour suprême indienne a demandé au gouvernement de lui communiquer les mesures prises pour combattre le phénomène.


Alors que les hôpitaux ne désemplissent pas dans cette région particulièrement pauvre du pays et en proie à de fortes chaleurs, les études scientifiques suggèrent que ces décès sont dus à une toxine présente dans les graines de litchis qui altérerait la production de glucose de l'organisme et provoquerait des hypoglycémies. 

"Mort d'inquiétude"

Envahi par une odeur d'urine, de chlore, de vomi et de mort, le principal hôpital public de Muzzafarpur, dans le nord de l'Inde, épicentre de l'épidémie, soigne une centaine d'enfants. Beaucoup d'entre eux sont contraints de partager leurs lits. Dilip Sahni, 25 ans, a amené Muskan, sa fillette de 4 ans et demi, dont les symptômes ont commencé 24 heures plus tôt.


"A son réveil hier, sa mère l'a trouvée les mains et les jambes contractées et les dents serrées, elle a commencé à s'affoler", explique-t-il à l'AFP. Sur place, "son état a empiré", ajoute-t-il avant de fondre en larmes. Peu de temps après, il apprenait la mort de sa fille, victime probable d'une encéphalite aiguë.


En cette période de canicule avec des températures de 45 degrés, la maladie se répand comme de la poudre dans cette région pauvre de 100 millions d'habitants. "Je suis mort d'inquiétude. J'ai vu tellement de corps de jeunes enfants depuis que je suis ici", lâche un père qui vient de faire admettre son fils de 2 ans et demi au service de soins intensifs. "Il s'est brutalement évanoui avant-hier. Nous l'avons amené aussitôt", dit-il, tenant dans ses bras un bébé de quatre mois.

Système de santé déplorable

Le système de santé de l'État de Bihar, très pauvre, est déplorable. Il compte moins de deux professionnels de santé pour 100.000 habitants alors que la moyenne en Inde est autour de 9, selon le quotidien Hindustan Times.  "Nous faisons de notre mieux pour sauver les vies du plus d'enfants possible", explique le médecin Srikant Prasad Bharti, débordé. "Personne ne parle des enfants qui ont été soignés. C'est facile d'accuser les hôpitaux et les médecins", regrette-t-il.


Le même phénomène d'encéphalites mortelles se produit dans des régions productrices de litchis au Vietnam et au Bangladesh. En 2014, la maladie avait tué 355 enfants mais seulement 33 décès ont été à déplorer l'an dernier, selon le Hindustan Times.


"C'est lié au milieu très pauvre dans lequel vivent ces enfants", souligne le médecin. "Les enfants errent dehors sous la chaleur, mangent un litchi pourri ou pas assez mûr, et vont au lit le ventre vide. Cela provoque une chute brutale du taux de sucre dans le sang qui entraîne des convulsions".

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