Inde : une troisième femme pénètre dans le temple de Sabarimala, au grand dam des traditionalistes hindous

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OPPOSITION - L'Inde connait de violentes manifestations d'activistes hindous depuis que deux femmes sont entrées dans un des sanctuaires les plus sacrés de l'hindouisme, à Sabarimala - un acte légal mais qui va à l'encontre de la tradition pour certains croyants. Ce vendredi, une troisième femme a pénétré ce temple.

Des femmes en âge d'avoir leurs règles dans un lieu religieux ? Une hérésie pour certains coreligionnaires hindouistes avec une forte capacité de coercition. Parce qu'elles sont considérées comme "impures", les femmes âgées de 10 à 50 ans, elles se sont vus longtemps interdire l'accès au grand temple hindou d'Ayyappa à Sabarimala, dans l'Etat de Kerala.

Face à ce sexisme avéré, le gouvernement communiste en place dans cet Etat du sud du sous-continent a bien tenté de faire bouger les lignes en obtenant, après 20 ans de bataille juridique, que la Cour suprême juge cette mesure discriminatoire dans une décision du 28 septembre 2018. Mais dans les faits, aucune femme n'avait pu y entrer depuis. A chaque tentative, des milliers de manifestants hindous bloquaient le passage. Aucune jusqu'au 2 janvier.

Ce mercredi, deux femmes ont réussi à y pénétrer, à l'insu des fidèles traditionalistes, avec l'aide de la police locale. Ce vendredi, une troisième femme a réussi cet "exploit". "Elle est entrée dans le temple hier soir. Elle a 47 ans et est venue pour prier. Nous étions au courant et avons surveillé la situation", a déclaré Balram Kumar Upadhyay, un responsable de la police de l'Etat de Kerala, à nos confrères de l'AFP.

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Mais cette victoire des féministes reste en demi-teinte. L'intrusion de mercredi a provoqué la fureur de traditionalistes hindous, y compris de nombreux membres du Bharatiya Janata Party (BJP) - le parti du premier ministre Narendra Modi - qui est dans l'opposition dans cet État.

De violents affrontements ont éclaté les 2 et 3 janvier, opposant les fidèles radicaux et les partisans de l'alliance de gauche au pouvoir dans l'Etat du Kerala. La police a du avoir recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau. Un homme a été tué et 15 autres personnes blessées, dont quatre sympathisants du BJP. Plus de 1.350 personnes ont été arrêtées en marge de ces manifestations.

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Le porte-parole de la police a indiqué que des interdictions de déplacement avaient été décrétées dans les villes de Palakkad et de Kasargod, deux des localités les plus touchées par les violences. La situation est plus apaisée ce vendredi, même si des manifestations persistent dans le pays.  "La police demeure extrêmement vigilante. Il y a des tensions mais c'est encore pacifique", a déclaré à l'AFP V.P. Pramod Kumar.

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