Inde : victime d'un viol collectif, elle est harcelée par des policiers et retire sa plainte

International

DOUBLE PEINE - Humiliation supplémentaire pour une femme victime d'un viol collectif au Kerala (sud de l'Inde). Elle accuse les policiers chargés de recueillir sa plainte d'avoir multiplié les questions obscènes et dégradantes. Un phénomène de plus en plus répandu dans ce pays.

Une femme serait victime de viol toutes les 22 minutes en Inde, selon des chiffres gouvernementaux. Une statistique glaçante qui n'aténue pourtant pas l'indifférence de certains représentants des autorités vis-à-vis des violences sexuelles envers les femmes. Pire : de plus en plus de victimes de viol subiraient des pressions de la part de la police pour qu'elles retirent leur plainte.

L'histoire de cette jeune femme, victime d'un viol collectif au Kerala, dans le sud de l'Inde, en est une nouvelle illustration, comme le rapporte The Indian Express. La femme, venue déposer une plainte après avoir été violentée par quatre hommes dont un politicien local influent, ami de son mari, a expliqué aux policiers comment les faits s'étaient déroulés. Pour pouvoir commettre son méfait, le conseiller municipal lui aurait dit que son époux était hospitalisé victime d'un accident. Après l'avoir emmenée dans un endroit isolé, il se serait relayé avec trois autres hommes pour la violer.

Au lieu de trouver une oreille attentive, la jeune femme raconte en conférence de presse avoir subi une nouvelle humiliation. Le policier lui aurait demandé "lequel des violeurs lui a donné le plus de plaisir" ou bien "quelle a été la taille (de sexe) qu'elle a préféré". Résultat, la jeune mère de famille indienne a préféré retirer sa plainte. 

Lire aussi

    New Delhi, "la capitale du viol"

    Une attitude extrêmement violente de la part des autorités qui n'est pas un fait isolé en Inde, selon BBC News. Et ce phénomène va de paire avec l'augmentation de la violence sexuelle dans ce pays, en particulier le viol collectif. Ainsi, New Delhi, surnommée la "capitale du viol", a vu le nombre de viols augmenter dans la ville de près d'un tiers en 2014.

    Selon la police, la hausse des cas de viols ne signifirait pas que New Delhi serait plus dangereuse pour les femmes, mais plutôt que les victimes y dénonceraient plus volontiers les violences. Une confiance des femmes vis-à-vis des force de l'ordre, largement entachée par ces  derniers dérapages policiers.

    Lire aussi

      Alors pour tenter de lutter contre cet indifférence, un groupe surnommé YesNoMaybe a mis en ligne sur YouTube une vidéo édifiante. On y voit une camionnette blanche garée dans une rue de New Delhi. Les passants peuvent entendre un montage sonore imitant les cris d'une femme victime d'un viol. 

      Le petit film de trois minutes en dit long. Nombre de personnes passent leur chemin. Certaines semblent intriguées, d'autres parfaitement indifférentes.

      Sur le même sujet

      Et aussi

      Lire et commenter