Indonésie : Jamaah Ansharut Daulah, le réseau terroriste au nom duquel des familles entières deviennent kamikazes

Indonésie : Jamaah Ansharut Daulah, le réseau terroriste au nom duquel des familles entières deviennent kamikazes

DirectLCI
TERRORISME - Plusieurs familles ont commis des attaques suicides ces derniers jours en Indonésie. Des actes revendiqués par le Jamaah Ansharut Daulah (JAD), un réseau se réclamant de Daech en pleine expansion dans le pays musulman le plus peuplé au monde.

L'Indonésie confrontée au terrorisme familial. Depuis quelques jours, le pays essuie des attaques peu communes : des parents, accompagnés de leurs enfants, commettent des attentats suicides. Tous ont été revendiqués par le Jamaah Ansharut Daulah, un mouvement djihadiste ayant prêté allégeance à Daech.


Entre le dimanche 13 et le lundi 14 mai, Surabaya, la deuxième ville du pays, situé dans à l'est de l'île de Java, a été le théâtre d'un drame quand six membres d'une même famille s'en sont pris à trois églises. La mère et ses deux filles portaient des niqabs et des bombes autour de la taille lorsqu'elles ont pénétré dans l'église Kristen Indonesia Diponegoro pour se faire exploser. Le père a quant à lui foncé avec une voiture d'explosifs sur l'Eglise pentecôtiste du centre de Surabaya, alors que ses fils ont conduit des motos en direction d'un troisième lieu de culte, l'église Sainte-Marie, où ils ont activé les explosifs qu'ils portaient.

En vidéo

Malgré la défaite militaire du califat, la marque Daech va continuer à exister

25 personnes tuées en deux jours

Quelques heures plus tard, dans un immeuble d'habitation à une trentaine de kilomètres de Surabaya, une explosion retentit. Là encore, trois personnes appartenant à une même famille ont été tuées : la mère et un enfant ont péri dans l'explosion tandis que le père, qui tenait le détonateur, a été abattu par les policiers, selon la police. Enfin, une autre famille de cinq membres dont un enfant, a attaqué un commissariat. Bilan de ces attentats : vingt-cinq morts, dont les auteurs, et des dizaines de personnes blessées.


Comment expliquer que trois familles se retrouvent à l'origine d'une vague d'attentats meurtriers ? La réponse tient en trois lettres : JAD. Un acronyme derrière lequel se cache le Jamaah Ansharut Daulah, un mouvement extrémiste islamiste. Fondé en 2015, il s'était fait connaître en janvier 2016 en perpétrant des attaques armées et des attentats suicide à Jakarta. Le réseau résulte de l'assemblage de plus d'une vingtaine de groupes extrémistes indonésiens ayant prêté allégeance au chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, selon le département d'Etat américain. Son chef spirituel est Aman Abdurrahman, soupçonné d'être le cerveau des attentats de Jakarta et qui se trouve derrière les barreaux depuis des années. Il est considéré comme le chef de facto de tous les partisans de l'EI en Indonésie.

"Un terme générique utilisé pour les sympathisants de l'EI"

Si Daech a perdu du terrain entre la Syrie et l'Irak, le groupe djihadiste semble en plein essor en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde. Le groupe Etat islamique a d'ailleurs été très prompt à revendiquer les attaques de ces derniers jours. Pour autant, la structure du JAD et ses liens avec Daech ne sont pas clairement établies : d'après l'Institut pour l'analyse politique des conflits, le JAD est "en fait un terme générique utilisé pour les sympathisants de l'EI, quels qu'ils soient". Il fonctionne davantage comme un parapluie que comme un groupe cohérent. 


Abdurrahman en est cependant la figure incontournable. Ainsi, il a recruté des extrémistes pour qu'ils rejoignent les rangs de l'EI, serait en communication avec les chefs de l'organisation djihadiste et est le principal traducteur de sa propagande en Indonésie, selon des analystes et les autorités. Des autorités qui semblent impuissantes à enrayer la spirale terroriste dans laquelle le pays est embarqué. Dernier attentat en date ? Ce mercredi, sur l'île de Sumatra : des assaillants à bord d'une camionnette ont foncé dans le portail d'entrée, avant de sortir du véhicule et d'attaquer des policiers avec des sabres, a précisé la police.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter