INFO LCI - Djihadistes français rapatriés de Syrie : pourquoi ? combien ? Ce que l'on sait

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TERRORISME - La France ne veut pas prendre de risques avec ses ressortissants djihadistes emprisonnés en Syrie. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré ce mardi étudier "toutes les options", y compris leur retour en France, où ils seront arrêtés avant d'être jugés. Selon nos informations, près de 70 prisonniers - et non 130 - sont concernés. Voici le détail des chiffres.

Paris craint de perdre la trace des djihadistes français détenus en Syrie. Selon nos informations, quelque 70 individus - hommes et femmes, sans compter les enfants - emprisonnés par les Kurdes pourraient être rapatriés en France dans les prochaines semaines pour être jugés.  La date de ce retour en France n'est pas encore connue. "Les Américains se désengagent de Syrie. Il y a actuellement des gens qui sont en prison et qui sont tenus parce que les Américains sont là et qui vont être libérés. Ils vont vouloir revenir en France", a déclaré ce mardi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, assurant que les djihadistes, libérés à la faveur du retrait américain, seront "immédiatement" écroués.


C'est ainsi que Paris étudie "toutes les options" concernant les djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie, y compris un retour en France, et leur arrestation dans la foulée, a annoncé mardi le ministère français des Affaires étrangères. "Compte tenu de l'évolution de la situation militaire dans le nord-est syrien, (...) nous examinons toutes les options pour éviter l'évasion et la dispersion de ces personnes potentiellement dangereuses", y compris leur expulsion vers la France par leurs geôliers, où ils seraient remis à la justice, a déclaré mardi la porte-parole du Quai d'Orsay dans un point de presse électronique.

Jusqu'à présent, les autorités étaient favorables à ce que les ressortissants français adultes soient jugés sur place à condition d'y bénéficier d'un "procès équitable". S'agissant des enfants, Paris a fait un pas vers leur éventuel rapatriement au nom de leur "intérêt supérieur".

Des prisonniers majoritairement détenus par les Kurdes

La crainte des autorités françaises est que, en raison du retrait des troupes américaines, les Kurdes, qui bénéficient d'un appui conséquent de Washington, délaissent peu à peu les prisons et camps dans lesquels sont détenus les djihadistes, notamment au profit de la frontière turco-syrienne en cas d’affrontements avec l’armée turque. Un délaissement qui pourrait entraîner des évasions, ce que redoutent Paris et Washington, pour qui ces djihadistes constituent une menace colossale pour tous les pays occidentaux. 


Toujours selon nos informations, au 1er janvier 2019, les services français recensaient 76 hommes et femmes détenus en zone irako-syrienne, dont une large majorité (58) détenue en Syrie par les forces kurdes, tandis que d'autres sont actuellement entre les mains de l’Armée syrienne libre (2), du régime de Damas (2), des autorités irakiennes - en Irak - (4). Les conditions de détention de dix d'entre eux sont par ailleurs considérées comme totalement floues, en Irak comme en Syrie. D'après les services de renseignement, près 700 djihadistes français et francophones seraient toujours présents sur zone. Un nombre qui inclut les prisonniers, ceux possiblement décédés et ceux en fuite. 

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ARCHIVE - L'appel des familles des djihadistes françaises

Confrontées à une opinion publique marquée par les attentats djihadistes, les autorités marchent sur des œufs dans ce dossier. Mais avec la perspective d'un retrait américain, les zones kurdes pourraient être la cible d'une offensive turque ou revenir dans le giron du régime de Damas, laissant craindre une dispersion des djihadistes étrangers. 


Actuellement, la France compte plus de 500 individus incarcérés sur le sol français pour des faits de terrorisme, dans le cadre d'une condamnation, ou d'une détention provisoire. 

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