Ingérence russe : 126 millions d'Américains potentiellement manipulés via Facebook

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COMPLOT - Selon plusieurs médias, le réseau social devrait dévoiler ce mardi que jusqu'à 80.000 contenus adressées sur le fil d'actualité de 29 millions d'utilisateurs ont été mis en ligne l'an passé par des intérêts russes dans le but d'influer les élections américaines. En tenant compte des partages, des commentaires et des mentions "j'aime", le nombre d'internautes touchés est au moins multiplié par quatre.

Facebook, Twitter et Google dans la ligne de mire du Congrès américain. En cause ? La possible ingérence russe dans la campagne de l'élection présidentielle américaine, et le rôle de plateformes qu'auraient pu jouer les deux réseaux sociaux et le moteur de recherche pour de la propagande venue de Russie. Selon plusieurs médias, dont le Wall Street Journal, Facebook devrait dévoiler ce mardi que jusqu'à 126 millions d'utilisateurs américains du réseau social ont pu visionner l'an passé des contenus mis en ligne par des intérêts russes dans le but d'influencer la campagne qui a mené à la victoire de Donald Trump. Pour rappel, le réseaux social avait indiqué début octobre qu'environ "10 millions de personnes aux Etats-Unis" avaient visionné des contenus sponsorisés ("ads") financés par près de 500 comptes activés depuis la Russie et qui avaient pu servir à manipuler l'opinion, principalement en attisant les clivages idéologiques au sein de la société américaine. 


Selon Facebook, ces contenus étaient financés par une entité russe appelée "Internet Research Agency" et destinée à diffuser des messages sur les réseaux sociaux via de faux comptes d'utilisateurs. Cette dernière serait à l'origine de 80.000 publications adressées à 29 millions d'utilisateurs sur leur fil d'actualités, selon le témoignage écrit préparé par Facebook en vue de ses auditions au Congrès, et cité par le Wall Street Journal et le Washington Post lundi, entre 2015 et 2017. En tenant compte des partages, des commentaires et des mentions "j'aime", le nombre d'internautes touchés est au moins multiplié par quatre. D'où le nombre de tentatives de manipulation politique évoqué beaucoup plus vastes que ce qui avait été initialement estimé. Sollicité par l'AFP, Facebook n'a pas donné suite.

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Le même genre de contenus sur Google

Le renseignement américain avance que Moscou a payé pendant la campagne de 2016 des groupes de "trolls" (internautes malveillants ou provocateurs) comme l'Internet Research Agency pour diffuser des messages néfastes pour la candidate démocrate Hillary Clinton et favorables à son rival victorieux. 


Sur son blog officiel, Google a reconnu lundi, pour la première fois officiellement, avoir également trouvé des contenus du même genre. "Nous avons trouvé des preuves de tentatives de détournement de nos plateformes pendant l'élection américaine de 2016 par des acteurs liés à l'Internet Research Agency en Russie", a écrit Google, qui parle "d'activité limitée" sur le moteur de recherche et sa plateforme vidéo YouTube. Sur YouTube, Google a identifié 18 chaînes (suspendues depuis par le groupe) "vraisemblablement liées" à la campagne et ayant publié environ 1100 vidéos en anglais semblant avoir un contenu politique. Elles ont cumulé 309.000 vues aux Etats-Unis dans les 18 mois précédant l'élection.

36.746 comptes "suspects" sur Twitter

Selon une source proche du dossier, Twitter a pour sa part identifié 36.746 comptes (soit 0,012% du nombre total de comptes Twitter) apparemment liés à un compte russe et ayant "généré de façon automatisée des contenus liés à l'élection" dans les trois mois qui ont précédé le scrutin. Ces comptes ont diffusé environ 1,4 million de tweets liés à l'élection, qui ont produit 288 millions d'interactions sur le réseau (réponses, etc...). 


Si Moscou a démenti plusieurs fois avoir interféré dans la campagne américaine, cette question de l'ingérence de la Russie dans la campagne américaine donne lieu à diverses enquêtes au Congrès et par un procureur spécial, Robert Mueller. Ce dernier a mis en cause lundi pour la première fois trois personnes, dont l'ancien directeur de campagne de Donald Trump Paul Manafort.

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