Pakistan : inquiétude après la disparition de plusieurs blogueurs militants

Pakistan : inquiétude après la disparition de plusieurs blogueurs militants
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FORTE INQUIÉTUDE - Human Rights Watch le Pakistan à enquêter d'urgence sur le sort de quatre militants des droits de l'Homme et de la laïcité. Leur disparition quasi-simultanée laisse craindre une implication de services étatiques, selon eux.

Ils sont quatre. Quatre blogueurs militants des droits de l'homme et de la laïcité, qui ont avoir critiqué l'armée et le gouvernement pakistanais, et n'ont plus donné signe de vie depuis les 4 et 7 janvier. Les disparus sont Salman Haider, un poète et universitaire, et les blogueurs Waqas Goraya, Asim Saeed et Ahmed Raza Naseer. Inquiet, Human Rights Watch a appelé, ce mardi le Pakistan à enquêter d'urgence sur le sort de ces quatre  militants des droits de l'Homme et de la laïcité. 


Il souligne par ailleurs que leur disparition quasi-simultanée laisse craindre une implication de services étatiques. Ce communiqué intervient quelques heures avant des manifestations prévues dans plusieurs villes du pays par des militants libéraux et de gauche pour réclamer la libération de ces animateurs de blogs et forums en ligne.

HRW est extrêmement inquiet

Au Pakistan, les groupes de défense des droits de l'Homme tirent régulièrement la sonnette d'alarme concernant les militants de la société civile comme les journalistes qui, régulièrement, se trouvent mis sous pression et ciblés par les services de sécurité du pays et les groupes extrémistes armés comme les talibans. Le Pakistan est régulièrement classé comme l'un des pays les plus dangereux pour les journalistes, qui sont parfois arrêtés, frappés voire tués. 


Critiquer l'armée toute puissante y est considéré comme particulièrement risqué. "Le gouvernement pakistanais a l'obligation immédiate de tout faire pour localiser les quatre militants des droits de l'Homme portés disparus, et assurer leur sécurité," a souligné Brad Adams, directeur pour l'Asie chez Human Rights Watch, dans son communiqué. 


"La nature ce de qui semble être des enlèvements met (...) les autorités dans l'obligation de participer à une solution, faute de quoi elles seront tenues responsables pour leur rôle dans le problème", poursuit-il dans son communiqué. Des militants libéraux doivent d'ailleurs manifester dans les principales villes du Pakistan mardi après-midi, en utilisant le mot dièse #RecoverAllActivists afin de mobiliser sur les réseaux sociaux. 

Dans un éditorial très explicite, Dawn, le principal journal anglophone du pays, a souligné que "les mots aseptisés, comme 'disparus', ne peuvent cacher une triste vérité : l'Etat du Pakistan continue d'être soupçonné d'implication dans la disparition et la détention illégale de certaines catégories de citoyens". "Il ne suffit pas que le gouvernement et les responsables de la police affirment mener l'enquête. M. Haider et les autres militants récemment portés disparus doivent être rendus à leur famille immédiatement", a-t-il ajouté.


En avril 2015, un militante de la société civile connue, Sabeen Mahmud, avait été abattue par des extrémistes qui avaient affirmé l'avoir tuée en raison des idées libérales et laïques qu'elle promouvait. Régulièrement, sur son site, HRW s'émeut de l'attitude du pouvoir. En septembre dernier, il appelait le gouvernement à réformer les services de police afin de mettre un terme aux différents abus. "Le respect de la loi a été laissé entre les mains d'une police gangrénée par des officiers mécontents, corrompus et fatigués, qui enfreignent la loi en toute impunité et rendent le Pakistan moins sûr, et non plus sûr", disait-il. 

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