Faut-il retirer le bouton nucléaire à Donald Trump ?

Faut-il retirer le bouton nucléaire à Donald Trump ?

WWIII - Le Congrès s'inquiète d'une possible escalade de violence entre les États-Unis et la Corée du Nord. Des sénateurs américains se sont réunis pour savoir si un éventuel ordre de Donald Trump de déclencher le feu nucléaire pouvait être stoppé.

Donald Trump peut-il mener les États-Unis et le monde vers une troisième guerre mondiale et une guerre nucléaire ? Jamais depuis 1976, en pleine Guerre Froide, la question du bouton nucléaire n'avait fait l'objet d'une audition au Congrès. Pour l'organisateur, le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat Bob Corker, une nouvelle séance n'avait donc que trop tardé.  Elle s'est tenue mardi 14 novembre. 

Nous craignons que le président des Etats-Unis soit si instable et si volatile, que son processus décisionnel soit si fantasque, qu'il puisse donner un ordre d'utiliser l'arme nucléaire complètement contraire aux intérêts de sécurité nationale américains.Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut

C'est surtout la personnalité volcanique de Donald Trump qui occupe les esprits. Certains élus ne cachent plus leur inquiétude à l'idée qu'une étincelle ne déclenche un conflit imprévisible avec le régime de Kim Jong-Un. Bien que les sénateurs aient prudemment répété que l'audition n'était pas spécifiquement consacrée à Donald Trump, un démocrate a tenu à expliciter ce que, apparemment, beaucoup pensaient. 

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"Nous craignons que le président des Etats-Unis soit si instable et si volatile, que son processus décisionnel soit si fantasque, qu'il puisse donner un ordre d'utiliser l'arme nucléaire complètement contraire aux intérêts de sécurité nationale américains", a déclaré le sénateur du Connecticut Chris Murphy.

Ordre présidentiel jugé illégal : que faire ?

La Constitution des États-Unis est claire : l'article deux confère au président la direction des forces armées. Il est le commandant en chef, chargé de défendre la nation contre tout danger ou menace imminente. Et seul à pouvoir déclencher le feu nucléaire. Mais la définition de l'imminence n'est pas stricte, et c'est la question qui a occupé les sénateurs mardi. Une fusée nucléaire sur un pas de tir nord-coréen, prête à détruire une ville américaine ? Un tir américain serait probablement justifié, ont convenu experts et élus. Mais quid d'une situation où le président décide d'envoyer une bombe préventivement ? Une "première frappe", en jargon stratégique.

Une règle militaire élémentaire est que "l'armée est obligée d'exécuter un ordre légal" mais aussi "obligée de refuser de suivre un ordre illégal", a dit l'ancien patron du Commandement stratégique de 2011 à 2013, le général à la retraite Robert Kehler. Que se passerait-il si le chef du Commandement stratégique jugeait un ordre présidentiel illégal ? "Je ne sais pas exactement", a-t-il convenu. C'est là que "le facteur humain entre en jeu".

Donald Trump finalement seul décideur

Il revient en théorie au Congrès de déclarer la guerre, selon la Constitution, bien que ce pouvoir se soit érodé (la dernière déclaration formelle remonte à la Seconde Guerre mondiale). Certains se demandent s'il faudrait restreindre par la loi les pouvoirs nucléaires du président afin de réaffirmer le rôle parlementaire. Mais changer la procédure à cause de Donald Trump serait "un précédent malheureux", a souligné M. McKeon. "Nos adversaires nous regardent", a quant à lui prévenu le sénateur républicain Marco Rubio. "L'ambiguïté calculée" doit rester au cœur de la posture américaine, a-t-il martelé. Il faut laisser planer le doute sur les situations où les Etats-Unis useront de leur arsenal, afin de maximiser la dissuasion nucléaire. Tout en assurant au reste du monde que l'autorité du président est incontestable.


Le sénateur de Floride, qui brigua l'investiture présidentielle en 2016, a ainsi exprimé son malaise face aux questionnements de ses collègues. "Il n'est pas possible qu'une bande de juristes ou de militants décident de désobéir quand cela ne leur plaît pas", a-t-il estimé. "Dans cette république (...) quand ils votent, les électeurs prennent la décision de confier à quelqu'un ce pouvoir". Jusqu'au 20 janvier 2021 à midi, Donald John Trump en reste le détenteur exclusif.

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