Pour soutenir le droit à l'avortement, devenu quasiment interdit, une partie des Polonais tourne le dos à l'Église catholique

Pour soutenir le droit à l'avortement, devenu quasiment interdit, une partie des Polonais tourne le dos à l'Église catholique

RELIGION - Des milliers de personnes ont manifesté ce dimanche à Varsovie contre l'interdiction de l'avortement. L'Église catholique est en partie responsable de cette décision. De nombreux Polonais sont prêts à renoncer à leur foi pour la contester.

Quelques milliers de personnes ont manifesté ce dimanche à Varsovie pour protester contre un arrêt du Tribunal constitutionnel limitant les cas où l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est autorisé, revenant quasiment à l'interdire. En effet, seules les Polonaises victimes d'un viol, d'un inceste ou dont la santé est mise en danger par la grossesse peuvent y avoir recours. Un pas en arrière dans un pays où la loi était déjà l'une des plus restrictives en Europe. 

Une partie de la population manifeste chaque semaine depuis le 22 octobre 2020. Celle-ci réclame le départ du gouvernement conservateur au pouvoir depuis 2015, et dénonce l'omniprésence de l'Église catholique dans les décisions politiques. 

"Nos droits sont violés en permanence par ce gouvernement. Ils veulent nous imposer des lois patriarcales donc il faut qu'on continue à lutter", s'insurge une jeune Polonaise devant les caméras de TF1. "J'ai une fille, j'ai une femme. Elles sont directement concernées par ces abus. J'aimerais que ce soulèvement soit un tournant dans notre histoire. Il va falloir persévérer", complète un autre manifestant en colère. 

Le cortège, composé principalement de femmes et de jeunes, a traversé la capitale pour se rendre devant le domicile du vice-Premier ministre Jaroslaw Kaczynski considéré comme le responsable de la décision du tribunal. À plusieurs reprises, la police a tenté de faire barrage sans succès, avant de réussir à bloquer la rue. Ce lieu est pris pour cible depuis deux mois. 

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L'apostasie en signe de contestation

Encore très puissante, l'institution religieuse est également dans le viseur des manifestants. Ces derniers ont décidé de lui tourner le dos afin de montrer leur désaccord. Comment ? En renonçant publiquement à la foi catholique. Cet acte fort, dans un pays où la religion joue un rôle clef depuis la chute du communisme en 1989, est nommé apostasie. Cela consiste à annuler son baptême dans le but d'être retiré définitivement des registres de l'Église catholique. Inimaginable dans un pays comme la Pologne, et pourtant, ils n'ont jamais été aussi nombreux à en faire la demande. 

En effet dès l'enfance, les Polonais baignent dans la religion. "On imaginait pas vivre différemment", reconnaît Malek Molinski, un demandeur d'apostasie. Mais, il ne se retrouve plus dans les valeurs véhiculées. "On vit au Moyen-Age. Pendant que le monde entier voyage sur Mars, nous on attèle notre cheval à notre charrette", ironise-t-il.

Autre signe de rupture entre le clergé et la population ? Les parents désinscrivent leurs enfants des cours de catéchisme depuis plusieurs mois. Un enseignement pourtant dispensé dans toutes les écoles du pays et financé par l'État. 

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En plus de cette interdiction à recourir à l'avortement, des affaires de pédophilie dans l'Église catholique polonaise ont été récemment révélées. Ce qui n'a pas manqué d'ébranler le pays. "Je ne veux pas être associée à ça, je me sentirai co-responsable des violences commises par l'Église catholique", termine Joanna Molinska, une autre demandeuse d'apostasie.

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