VIDÉO - "Je n'ai pas de colère", les premiers mots de Sophie Pétronin après sa libération

VIDÉO - "Je n'ai pas de colère", les premiers mots de Sophie Pétronin après sa libération

LIBÉRATION - Après quatre ans de captivité au Mali, Sophie Pétronin a été libérée jeudi 8 octobre. L'humanitaire française de 75 ans a retrouvé son fils à l'aéroport de Bamako. Un peu après, elle a échangé avec des journalistes dont notre envoyée spéciale Liseron Boudoul.

Presque 1400 jours après, la voilà enfin libre ! Dernière otage française dans le monde, Sophie Pétronin a été libérée jeudi 8 octobre. En captivité au Mali depuis 2016, la fondatrice de l'ONG "Association d'Aide à Gao" a été accueillie, dans la nuit, à Bamako par son fils Sébastien Chadaud-Pétronin, qui a œuvré sans relâche à sa libération pendant quatre ans. "J'étais sûre, au fond de moi j'ai toujours été sûre et certaine que je ne mourrais pas", a déclaré à TF1 et LCI la Française depuis l'ambassade de France à Bamako. Elle n'éprouve "pas de colère". "Je me suis dit : 'n'accorde pas d'importance à la mort parce que tu ne sais pas où, quand et comment elle arrivera. Fais ce qu'il a dit (son fils, ndlr) dans une vidéo : accroche-toi, tiens bon'. C'est ce que j'ai fait."

Lors de cet entretien avec plusieurs médias, elle a esquissé une vision dédramatisée de ce qu'avait été sa captivité aux mains de ses ravisseurs. Le temps lui a paru "un peu" long, "mais j'ai transformé la détention, si on peut dire, en retraite spirituelle". "J'étais dans l'acceptation de ce qui m'arrivait et j'ai pas résisté, et puis voilà je m'en suis sortie", a-t-elle raconté, peu de temps après sa descente d'avion. Cela "se passait bien, l'air était sain, bon (...) Je me suis accrochée, j'ai tenu, j'ai beaucoup prié parce que j'avais beaucoup de temps, je me suis promenée, j'ai bien mangé, j'ai bien bu, de l'eau fraîche hein !".

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En "pleine forme", Sophie Pétronin a expliqué qu'elle pouvait écouter la radio et que ses gardiens, sur lesquels elle n'a pas fourni de précisions, lui faisaient passer des messages ou des vidéos, comme l'une dans laquelle son fils lui demandait de "tenir bon". "Tu as fait ce que tu pouvais faire et ce que tu devais faire, tu l'as fait", l'a-t-elle tendrement remercié. "Mon fils est un battant, mais dans la famille, nous sommes tous des battants". Elle s'est gardée, en revanche, de parler de ses gardiens comme de "djihadistes". "Appelez-les comme vous voulez, moi je dirais que ce sont des groupes d'opposition armés au régime", a-t-elle dit. Elle a invoqué des accords passés qui n'auraient pas été tenus et qui provoqueraient les hostilités actuelles. Gouvernement et groupes armés "trouveront le chemin pour la paix, je leur souhaite en tout cas vivement", a-t-elle indiqué. 

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EXCLU TF1/LCI - La première image de Sophie Pétronin libre retrouvant son fils

Je vais revenir voir un peu ce qui se passe ici (à Gao)- Sophie Pétronin, ex-otage Française au Mali

Libérée avec trois autres otages, un Malien et deux Italiens, la septuagénaire va rentrer ce vendredi en France et sera accueillie par le président Emmanuel Macron. Mais, une fois reposée, elle compte bien revenir à Gao pour s'assurer que l'organisation d'aide aux enfants qu'elle dirigeait avant d'être enlevée continue à fonctionner convenablement. "Je vais aller en France en Suisse et après je vais revenir voir un peu ce qui se passe ici", a-t-elle annoncé lors de cette rencontre avec des journalistes à l'ambassade de France. "J'ai pris l'engagement pour les enfants, ça fait presque quatre ans que je n'ai pas vu comment se déroulent les programmes", a ajouté celle qui a consacré une grande partie de sa vie à l'humanitaire au Mali.

Sophie Pétronin s'est dit heureuse d'avoir appris que son assistant avait pu prendre la relève en son absence a sein de son ONG "Association d'Aide à Gao". "Il faut quand même que j'aille jeter un œil et les saluer parce que j'ai pris cet engagement. Si vous prenez un engagement, allez au bout de votre engagement, sinon vous aurez perdu votre raison d'être sur cette terre", a-t-elle conclu. Son fils Sébastien Chadaud, arrivé mardi à Bamako et présent à ses côtés, a refréné son ardeur en disant que cela se ferait "en toute sécurité". "Attends-toi à ce que je cadre certaines choses, tu n'iras pas où tu veux", lui a-t-il soufflé. 

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