Irak : "Ils sont restés allongés là, à attendre la mort en souffrant atrocement"

Irak : "Ils sont restés allongés là, à attendre la mort en souffrant atrocement"
International

RAPPORT – Aucun bilan des massacres perpétrés par l'Etat islamique en Irak n'est disponible. Toutefois les témoignages confirment l'ampleur des exactions menées par ce groupe djihadiste, comme le rapporte mardi l'ONG Amnesty International.

Alors que l'offensive visant à contrer les islamistes de l'Etat islamique (EI) se poursuit en Irak, de nouveaux éléments, publiés notamment par Amnesty International , confirment l'ampleur des exactions menées par ce groupe dissident d'Al-Qaïda dans le nord du pays.

Selon l'ONG, l' EI s'est lancé depuis le début de son offensive, début juin, dans "une campagne systématique de nettoyage ethnique". En août, affirme Amnesty International, plusieurs massacres se sont produits dans la région de Sinjar, notamment dans les villages de Qiniyeh et de Kocho, où les hommes de l'EI ont lancé des raids les 3 et 15 août.

"Ils ont eu une mort horrible"

"Dans les deux cas, des groupes d'hommes et d'adolescents, dont certains d'à peine 12 ans, ont été capturés par des activistes de l'EI, emmenés et abattus", rapporte l'ONG, qui estime que le nombre de villageois exécutés s'élève à plusieurs centaines.

"Certains ne pouvaient pas bouger et n'ont pas pu se sauver. Ils sont restés allongés là, à attendre la mort en souffrant atrocement. Ils ont eu une mort horrible. J'ai réussi à me traîner à l'écart et j'ai été sauvé par un voisin musulman. Il a risqué sa vie pour me sauver. C'est plus qu'un frère pour moi. Pendant 12 jours, il m'a apporté à manger et à boire toutes les nuits. Je ne pouvais pas marcher et n'avais aucune chance de pouvoir m'enfuir et ça devenait de plus en plus dangereux pour lui de me garder là", témoigne Salem, un survivant du massacre de Kocho.

Des "centaines, peut-être des milliers" de femmes et d'enfants enlevés

Amnesty International indique par ailleurs que des "centaines, peut-être des milliers" de femmes et d'enfants yazidis – une minorité qui tire son origine de l'ancienne Mésopotamie et dont les croyances sont antérieures à l'Islam – ont également été enlevés par l'EI, tandis que "des milliers" de personnes "terrorisées" ont fui. Mi-août, le ministre irakien des Droits de l'homme, Mohamed Chia al-Soudan, évoquait déjà le massacre d'au moins 500 membres de cette communauté par les djihadistes de l'EI.

Aucun bilan précis des pertes humaines depuis le début de l'attaque de l'EI n'est à ce jour connu. Lundi, néanmoins, l'ONU a annoncé qu'au moins 1.420 personnes avaient été tuées et 1.370 blessées dans les violences en août en Irak. 1,6 million d'Irakiens ont été déplacés depuis le début de l'année par les violences, dont 850.000 en août, parmi lesquels un grand nombre de membres des minorités chrétienne, yazidie et turcomane, poursuit l'organisation internationale qui a décidé à l'unanimité d'envoyer une mission pour enquêter sur les atrocités commises par le groupe islamiste en Irak.

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