Irak : la contre-offensive s'organise

International
CONFLIT - Les forces irakiennes ont annoncé dimanche être parvenues à ralentir l'avancée des insurgés qui se sont très rapidement emparés de plusieurs localités dans le nord et le centre, notamment de Mossoul, la deuxième ville du pays. Les Etats-Unis ont pour leur part déployé un porte-avions dans le golfe Persique.

Après le temps de la tourmente, la contre-offensive s'organise. La rapide avancée des insurgés de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) en Irak a été ralentie, dimanche, six jours après son commencement. Et ce, alors que les djihadistes sunnites, soutenus par des partisans du régime déchu de Saddam Hussein, se trouvaient à une centaine de kilomètres de la capitale, Bagdad.

Lors d'une conférence de presse, dimanche, le lieutenant-général Qassem Atta, porte-parole du Premier ministre sur la sécurité, a affirmé que les forces avaient "repris l'initiative" face aux insurgés, évoquant le chiffre de 279 "terroristes" tués au cours des dernières 24 heures. Un chiffre à relativiser puisqu'il est impossible de le vérifier de manière indépendante. Ishaqi et Mouatassam, non loin de Bagdad, ont ainsi été repris aux insurgés qui étaient parvenus, en l'espace de trois jours, à s'emparer de la deuxième ville du pays, Mossoul, sa province Ninive (nord), Tikrit et d'autres régions de la province de Salaheddine (nord de Bagdad), ainsi que des secteurs des provinces de Diyala (est) et de Kirkouk (nord).

Contre-offensive internationale

Cette contre-offensive s'appuie notamment sur la participation de milliers de citoyens volontaires pour prendre les armes qui ont répondu à l'appel du gouvernement et du grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite du pays. Au nord de Baqouba, l'un de ces centres de recrutement a cependant été visé dimanche par des tirs d'obus de mortier, qui ont fait six morts, dont trois soldats.

Au niveau international, le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, a donné l'ordre, samedi, de déployer le porte-avions USS George H.W. Bush, dans le golfe Persique. Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a rappelé dans la foulée à son homologue irakien, Hoshyar Zebari, que les Etats-Unis étaient "engagés à soutenir l'Irak".

L'Iran s'est de son côté déclaré hostile à "toute intervention militaire étrangère en Irak", tout en se disant prêt à aider Bagdad, sans pour autant intervenir au sol. Selon la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Marzieh Afkham, "l'Irak a la capacité et la préparation nécessaire pour lutter contre le terrorisme et l'extrémisme. Toute action qui compliquerait la situation n'est pas dans l'intérêt de ce pays et de la région". En attendant, la population à Bagdad, frappé par un attentat qui a fait neuf morts samedi, vit dans la peur que les insurgés frappent à tout moment.

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