Mossoul : les forces spéciales irakiennes accusées de torture, d'exécutions et de viols, une enquête ouverte

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ALLÉGATIONS – Une enquête a été ouverte en Irak après les accusations d’un photojournaliste faisant état d’exactions commises par des forces spéciales du pays fin 2016 à Mossoul, où l’armée tente de déloger les combattants de Daech.

L'armée d'Irak se serait bien passée d'une telle affaire. Les autorités irakiennes ont annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur des informations de presse faisant état de faits de torture, d'exécutions sommaires et de viols par des forces spéciales lors de la bataille pour reprendre Mossoul à Daech. Des accusations, clichés à l’appui, portées par le photojournaliste irakien Ali Arkady et relayées par le journal allemand Der Spiegel ou par la chaîne américaine ABC News

Dans le Spiegel, le photographe soutient que des membres de la Force d'intervention rapide (FIR) ont "torturé, violé et tué des gens" à Mossoul, se basant seulement sur de "vagues soupçons" concernant leurs liens supposés avec le groupe terroriste. Les FIR, qui dépendent du ministère de l'Intérieur irakien, rappelle l’AFP, et ont toujours eu la bénédiction de l’armée américaine, sont l'une des deux unités d'élite particulièrement actives sur le front de Mossoul, avec le Service du contre-terrorisme (CTS).

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"Ça se passe tout le temps", explique Ali Arkady sur ABC News, précisant qu’il voulait, au départ, faire un reportage "positif" sur les soldats irakiens dont il avait déjà pu suivre le quotidien à Falloujah. Le photographe raconte notamment cette nuit où, dans un village à proximité de Mossoul, les forces armées ont délogé un homme de son lit en pleine nuit, sous les yeux de sa femme et de ses enfants, le poussant, après l’avoir molesté, a des aveux forcés sur sa proximité avec les djihadistes. "Ils savaient qu'il était innocent, qu’il ne collaborait pas avec Daech", déplore Arkady, qui souligne ne pas savoir ce qu’il est advenu de la victime présumée, finalement emmenée par les militaires.  

Le reporter âgé de 34 ans, qui travaille pour une agence de presse spécialisée dans la couverture des conflits, a rapporté au moins cinq autres faits similaires, à Qabr Al-Abed et à Bazwaia, deux localités proches de Mossoul. L’armée conteste et affirme avoir toujours agi dans les règles, dans l’unique but d’affaiblir Daech. Par peur de représailles des autorités, Ali Arkady a cependant préféré fuir son pays vers l'Europe avec sa famille, disant craindre pour sa vie. Y retournera-t-il un jour ? "Je ne sais pas", lâche-t-il à ABC News. "Vraiment, je ne sais pas. Mais je voudrais, parce que j'aime Bagdad et l'Irak".

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Ses allégations pourraient en tout cas semer le trouble dans l’armée, alors que les forces irakiennes sont proches de chasser les djihadistes de Mossoul, sept mois après le début des opérations. Selon des responsables irakiens, Daech ne contrôle plus que 10% de la partie ouest ville environ. Une zone correspondant plus ou moins à la veille ville, un entrelacs de ruelles propices à la guérilla urbaine et difficiles d'accès pour les véhicules blindés.

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