Irak : plus de 600 étrangers condamnés pour leur appartenance à Daech en 2018

Irak : plus de 600 étrangers condamnés pour leur appartenance à Daech en 2018

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JUSTICE - L'Irak juge quasi-quotidiennement des personnes soupçonnées de terrorisme. Parmi elles, des djihadistes étrangers. Plus de 600 ont ainsi été condamnés au cours de l'année écoulée.

L'Irak a déclaré fin 2017 la "victoire" sur l'État Islamique. Depuis, la "guerre" contre les djihadistes se passent dans les tribunaux. Deux sont ainsi spécialisés dans les affaires de terrorisme : l'un à Tel Keif, près de Mossoul, dans le nord du pays -l'ancienne "capitale" irakienne du "califat" autoproclamé de Daech -, l'autre à Bagdad, où la Cour pénale centrale s'occupe notamment des étrangers. Et ces derniers - majoritairement turcs ou originaires des anciennes républiques de l'Union soviétique - sont nombreux.


Rien qu'en 2018, plus de 600 étrangers ont été jugés dans le pays pour leur appartenance à l'État Islamique. En tout, "616 hommes et femmes, accusés d'appartenance à l'Etat Islamique ont été condamnés en vertu de la loi antiterrorisme" qui prévoit jusqu'à la peine de mort, a détaillé dans un communiqué le juge Abdel Settar Bayraqdar, porte-parole du Conseil supérieur de la magistrature. Parmi eux, "508 adultes ont été condamnés dont 466 femmes et 42 hommes, ainsi que 108 mineurs - 31 garçons et 77 filles", a-t-il ajouté sans détailler leurs peines.

Trois Français - dont deux femmes - condamnés à la prison à vie

On sait toutefois qu'une Allemande, un Belge et un Russe ont été condamnés à la peine capitale. Trois Français - deux femmes et un homme - ont quant à eux été condamnés à la prison à vie. On se souvient notamment du cas de Mélina Boughedir, jugée en juin dernier dans le cadre d'un deuxième procès et reconnue coupable, au titre de la loi antiterroriste - ou encore de Djamila Boutoutaou, condamnée en avril dernier.

En avril, des sources judiciaires avaient indiqué à l'AFP que plus de 300 personnes, dont une centaine d'étrangères, avaient été condamnées à mort en Irak, et autant d'autres à la prison à perpétuité, pour appartenance à l'Etat Islamique. Les nombreuses femmes étrangères ont la plupart du temps suivi leurs époux avec leurs enfants. 


Ces derniers sont pour certains toujours en attente de rapatriement vers leur pays d'origine, alors que leur mère est en prison. Ce dimanche, 30 enfants russes sont toutefois arrivés à Moscou dans une nouvelle opération d'évacuation d'enfants vers leur pays d'origine. La France s'y est également engagée. Trois des quatre enfants de la djihadiste Mélina Boughedir avaient ainsi été rapatriées en France, avec l'accord de leur mère, avant qu'elle ne soit jugée.

20.000 personnes arrêtées pour terrorisme depuis 2014

Depuis la percée djihadiste de 2014, l'Irak a arrêté quelque 20.000 personnes pour suspicion de terrorisme. Le juge Bayraqdar a indiqué que 99 étrangers "dont 73 femmes" subissent encore des interrogatoires du Parquet ou ont vu leur procès s'ouvrir récemment.

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