Irak : pourquoi le conflit réactive les tensions entre l'Iran et Israël

Irak : pourquoi le conflit réactive les tensions entre l'Iran et Israël
International

Toute L'info sur

Iran - Etats-Unis : l'inquiétante escalade

MENACE - Grand allié des Etats-Unis dans la région, Israël a été présenté comme une cible potentielle par un haut responsable iranien. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis une réponse "retentissante" en cas d'attaque. Un conflit ancien réactivé par la mort du général iranien Soleimani.

"Si l'Amérique prend la moindre mesure après notre riposte militaire, nous réduirons Tel Aviv et Haïfa en poussière". Le message est clair. Il a été dispensé par Mohsen Rezai, un haut responsable iranien, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution. Des propos tenus mercredi, menaçant ouvertement de frapper Israël et "des gouvernements alliés" de l'Amérique, après une attaque nocturne de l'Iran contre une base militaire irakienne utilisée par les Etats-Unis. Une menace à laquelle s'ajoute celle du porte-parole des gardiens de la révolution, Ramezan Sharif, au lendemain de la mort du général Soleimani : "Le bonheur éphémère des Américains et des sionistes se transformera en deuil en un rien de temps", avait-il déjà averti. 

En réaction, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu ce mercredi l'Iran qu'Israël répondrait de manière "retentissante" en cas d'attaque contre l'État hébreu. L’armée israélienne aurait, elle, augmenté ses systèmes de défense aérienne et terrestre, anticipant d’éventuelles représailles de la part des alliés de l’Iran, encerclant le pays sur ses frontières : le Hezbollah au Liban, ou encore le Hamas et le Jihad islamique dans la bande de Gaza. Autant de forces alliées de Téhéran que le général Soleimani a par le passé méthodiquement organisées, équipées et financées à grands frais au cours de ces dernières années.

Voir aussi

Ghassem Soleilmani, ennemi d'Israël

Subsiste une question : pourquoi Israël devient-il la première cible ? Ce sont les suites d'une escalade sans précédent après des années de tensions entre Israël et l'Iran. L'Etat hébreu, grand allié des Etats-Unis dans la région, s'était réjoui ces derniers jours de la mort du général Soleimani. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait félicité vendredi Donald Trump pour avoir agi "rapidement, avec force et de manière décisive". 

En vidéo

VIDÉO - Entretien avec Benyamin Netanyahu : "Il faut remettre l'Iran à sa place"

Surtout, Ghassem Soleimani est considéré par l'Etat hébreu comme un ennemi pour sa sécurité. L’armée israélienne l'accusait d’orchestrer des attaques contre Israël depuis la Syrie, notamment par le tir de roquettes auquel l’Etat hébreu répliquait en bombardant des positions du régime syrien et des Forces Al-Qods dans le pays. Soleimani demeure à jamais pour Israel le général iranien ayant été le grand artisan de l’implantation militaire de l’Iran en Syrie et ayant contribué à faire de la milice chiite du Hezbollah l’une des grandes organisations politiques et militaires du Liban. 

Un autre conflit historique s'ajoute aux enjeux : le plateau du Golan, source de rivalité entre Israël et Iran depuis des décennies. Israël a conquis en 1967 une grande partie du Golan et l’a annexée en 1981, mais la communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion. Son emplacement est d'autant plus stratégique qu'il se trouve proche du Liban, d'où vient le mouvement chiite du Hezbollah, créé en 1982 et allié reconnu de l'Iran. Depuis 2011, la guerre civile en Syrie a rendu encore plus complexe la situation au Moyen-Orient et en 2015, avec l'intervention de la Russie en faveur du régime, l'armée de Bachar Al-Assad, aidée par les forces iraniennes et des milices chiites, s'est rapprochée du plateau du Golan, redevenu "une zone de confrontation" incitant les Israéliens à ouvrir le feu.

En 2017, Donald Trump a rompu avec le consensus international en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël. C’est en grande pompe dans un bain de sang à la frontière de la bande de Gaza, qu’avait été inaugurée le 14 mai 2018 l’ambassade américaine en Israël, transférée de Tel Aviv à la ville Sainte. Or, la partie orientale de Jérusalem a été conquise par Israël en 1967 puis annexée en 1981. La communauté internationale avait jugé illégale cette annexion. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Bahram Ghassemi avait alors condamné les propos de Donald Trump, qualifiant de "dangereuses" ses "décisions spontanées" et sa politique et l’accusant de pousser cette "région sensible" vers des "crises successives". Israël et les Etats-Unis sont ainsi devenus les ennemis jurés de l’Iran.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent