Malgré le Covid et les violences, le pape François se rend en Irak pour une visite historique

Malgré le Covid et les violences, le pape François se rend en Irak pour une visite historique

RELIGION - Le pape François entame une visite historique en Irak ce vendredi. Un voyage de trois jours, au cours desquels le souverain pontife se rendra à Bagdad, Najaf et Ur dans le sud du pays, puis à Erbil, Qaraqosh et Mossoul dans le nord.

Le pape François est attendu ce vendredi en Irak pour un voyage hautement symbolique dans un pays martyrisé où il entend réconforter l'une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde, anéantie par conflits et persécutions. Au cours des dernières années, la communauté chrétienne en Irak s’est réduite à peau de chagrin : ils sont aujourd’hui environ 400.000, contre 1,5 million il y a vingt ans.  Le souverain pontife de 84 ans a déclaré qu'il effectuerait la toute première visite papale en Irak en tant que "pèlerin de la paix".

Au cours de ce voyage de trois jours sous très haute protection, le saint patron des catholiques devrait souvent être seul sur les routes... refaites pour l'occasion, en raison d'un confinement total décrété dans ce pays. 

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Le pape entamera ce vendredi sa visite par un discours devant les dirigeants à Bagdad, la capitale du pays. Au-delà des difficultés sécuritaires ou économiques que subissent de plein fouet les 40 millions d'Irakiens, ils évoqueront sûrement le traumatisme supplémentaire des chrétiens. Quand en 2014, l'État islamique (EI) a pris la plaine de Ninive, bastion chrétien du nord, des dizaines de milliers d'habitants ont fui et peu font désormais confiance à des forces de l'ordre qui les ont alors abandonnés, disent-ils. 

Samedi et pour la première fois de l'histoire, le pape sera reçu dans la ville sainte de Najaf par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d'Irak et du monde. Le pape participera également à une prière dans la ville d'Ur, berceau d'Abraham dans le sud tribal et rural, avec des dignitaires chiites, sunnites, yazidis et sabéens.

Premier voyage en quinze mois

Le chef des 1,3 milliard de catholiques du monde, qui s'était dit "en cage" ces derniers mois au Vatican tournant au ralenti avec le Covid-19, entamera en voiture blindée un voyage sans bains de foules, "virtuel" pour les Irakiens qui le suivront à la télévision et principalement par les airs pour le pape dont l'hélicoptère ou l'avion survolera parfois des zones où se terrent encore des djihadistes du groupe Etat islamique (EI). Ce premier voyage à l'étranger en quinze mois permettra au pape d'aller à la rencontre d'une petite communauté de fidèles aux "périphéries" de la planète, de loin ce qu'il préfère. 

Ses étapes aux quatre coins du pays rassembleront quelques centaines de personnes seulement, à l'exception d'une messe dimanche dans un stade d'Erbil au Kurdistan, en présence de plusieurs milliers de fidèles ayant réservé leur place à l'avance. Le programme papal est ambitieux. Bagdad, Najaf, Ur, Erbil, Mossoul, Qaraqosh : de vendredi à lundi, il va parcourir 1445 km dans un pays encore frappé mercredi par des tirs de roquettes meurtriers, dernier épisode en date des tensions irano-américaines toujours latentes en Irak.

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