Iran : Hassan Rohani, un président en quête d'ouverture économique

Iran : Hassan Rohani, un président en quête d'ouverture économique

IRAN – Après Rome, le président iranien est attendu mercredi soir à Paris dans le contexte de la levée des sanctions frappant son pays suite à l'accord conclu sur le nucléaire iranien. Présenté comme modéré, Hassan Rohani abat là une carte essentielle censée répondre à l'une des principales aspirations de la population iranienne.

Dix ans qu'un président iranien n'avait pas fait de voyage en Europe. Pour ce retour marquant dans la diplomatie internationale, qui fait suite au réchauffement des relations depuis l'accord sur le nucléaire conclu en juillet dernier, Hassan Rohani est attendu mercredi soir à Paris après s'être rendu à Rome.

Impensable du temps de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, ce déplacement en Occident marque un changement de politique du côté de Téhéran. Appuyé par les anciens présidents réformateurs Mohamed Khatami et Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, Hassan Rohani avait été élu en 2013 dès le premier tour de l'élection présidentielle, porté notamment par une jeunesse désireuse de changements. Depuis, l'ancien député, qui a siégé 20 ans au parlement dès les premières années de la révolution islamique, a concrétisé les difficiles négociations menées sur le développement du nucléaire civil iranien.

L'ouverture économique essentielle au développement de l'Iran

Cet accord intervenu en juillet dernier a ouvert la voie à la levée des sanctions qui frappaient cette puissance régionale depuis 2006. Étape préalable à une relance de l'économie de ce producteur majeur de pétrole dont les recettes liées à l’exportation de brut sont plombées par les cours particulièrement bas de l'or noir. Dans ce contexte, Hassan Rohani, pragmatique, a rappelé récemment, lors de la présentation au parlement du budget 2016-2017, l'importance du retour des investissements étrangers en Iran pour relancer une croissance atone.

Ceux-ci passeront notamment par des accords signés jeudi à Paris dans le domaine de l'aérien, du ferroviaire et de l'automobile, annonce-t-on. En cela, Hassan Rohani devrait répondre à l'une des aspirations de son électorat. Mais l’ouverture économique sera-t-elle suivie d'une ouverture de la société iranienne, cadenassée par la Constitution édictée par le guide suprême Khomeiny ? Rien n'est moins sûr. Certes, Hassan Rohani a annoncé récemment la rédaction d'"une charte" des droits civils, sans toutefois en préciser le contenu. En matière de droits de l'Homme, un chiffre illustre la constante de la rigidité du régime théocratique iranien : en 2015, 966 condamnés ont été exécutés par pendaison, un niveau plus atteint depuis le début des années 1990, notent des ONG comme Amnesty international.

A LIRE AUSSI
>>
Arabie saoudite-Iran : les clés pour comprendre le conflit
>>
Retour de l'Iran sur la scène internationale : ça nous apporte quoi ?

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

SONDAGE EXCLUSIF : Forte percée de Valérie Pécresse, Emmanuel Macron toujours en tête

Covid-19 : protocole renforcé à l'école, fermetures des discothèques... Le point sur les nouvelles mesures sanitaires

Covid-19 : les discothèques fermées pour 4 semaines, annonce Jean Castex

Le Covid, une simple bactérie ? Les autorités de Singapour démentent avoir dévoilé un "canular mondial"

EN DIRECT - Covid-19 : 12.096 personnes hospitalisées dont 2191 en soins critiques

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.