Iran : les manifestations contre le pouvoir reprennent après les aveux du régime sur l'avion abattu

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Iran - Etats-Unis : l'inquiétante escalade

TENSIONS - Une cérémonie d'hommage aux victimes de l'avion abattu par l'Iran a viré à la manifestation contre les autorités, aux cris de "mort aux menteurs", avant d'être dispersée par la police. Une nouvelle poussée sociale qui s'inscrit dans le sillage des rassemblements qui se déroulent depuis trois mois.

L’accalmie aura été de courte durée. Mises entre parenthèses dans le sillage de la mort le 3 janvier du général Qassem Soleimani, les manifestations ont repris ce weekend à Téhéran. Une épine dans le pied de la République islamique qui, depuis la mi-novembre, ne parvient à freiner autrement que dans le sang les velléités d'émancipation et de changement de nombreux Iraniens.

Dans les rues de Téhéran, la police a dispersé samedi des rassemblements à la mémoire des 176 victimes tuées dans la destruction de l'avion abattu "par erreur" par l'armée. Une "erreur" qui coûte cher au régime, lequel a préféré nier durant plusieurs jours malgré l'accumulation de preuves. Les rassemblements du weekend se sont ainsi transformés en une vive critique des "menteurs" au pouvoir, les protestataires réclamant des poursuites contre les responsables à l'origine du drame.

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La République islamique droit dans ses bottes

La police iranienne a rapidement mis fin aux rassemblements, qui n'étaient pas sans rappeler ceux observés depuis trois mois en Iran. 

La fronde a en effet éclaté le 15 novembre, à l'annonce d'une forte hausse du prix de l'essence et en pleine crise économique. Une centaine de villes avaient alors été concernées, ce qui n'a pas empêché les autorités de ramener l'ordre. Mais à quel prix : selon Amnesty International, 300 morts sont à recenser, la police tirant parfois à bout portant sur des manifestants désarmés. Des milliers de personnes ont également été arrêtées. Le bilan n'est pas seulement humain : sous l'effet des sanctions américaines, la monnaie, le rial, s'est dépréciée et l'inflation a bondi. Le Fonds monétaire international estime dans ses dernières prévisions que le PIB iranien a chuté de 9,5% en 2019. 

Malgré les critiques de la communauté internationale, la République islamique reste droit dans ses bottes depuis le début de la crise, promettant de punir les "mercenaires" qui "avaient agi au service de l'Amérique". "Une véritable guerre mondiale contre le système et la révolution (iraniens, ndlr) a vu le jour, heureusement elle est mort-née", avait tempêté en novembre le général Salar Abnoosh, à la tête d'une force paramilitaire clé en Iran.

"Le monde regarde"

S'il constitue un défi lancé au pouvoir, ce mouvement de contestation est loin de faire l'unanimité au sein de la société iranienne. Des rassemblements en soutien au régime ont eu lieu ces dernières semaines. En particulier fin novembre, quand une foule composée de femmes en tchador, d'hommes en civil ou de clercs chiites enturbannés brandissait dans les rues des drapeaux iraniens ou des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei.

Moins de deux mois et une crise ouverte avec les Etats-Unis plus tard, le ton a néanmoins changé. Le chef de la police de Téhéran a déclaré ce lundi avoir reçu des consignes de "retenue" face aux manifestations observées depuis samedi soir. Une "retenue" désormais aussi prônée par Donald Trump : "NE TUEZ PAS VOS MANIFESTANTS", a tweeté le président américain. Avant de mettre en garde : "Le monde regarde. Plus important, les Etats-Unis regardent."

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