Isabelle Prime : les questions posées par la libération de l'ex-otage

International
YÉMEN – Après plus de cinq mois de captivité, la Française Isabelle Prime a été libérée dans la nuit de jeudi à vendredi. Enlevée au Yémen, sa libération a été rendue possible grâce à l'intervention du sultanat d'Oman. Explications.

Une libération qui s'est réalisée dans le plus grand secret. Depuis la nuit de jeudi à vendredi, Isabelle Prime est libre. Enlevée le 24 février dernier au Yémen, cette Française a passé plus de cinq mois en captivité aux mains de ravisseurs qui ont été "très durs" avec elle, précisait Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Aucune autre information, que ce soit sur les kidnappeurs de la Française ou sur le possible versement d'une rançon, n'a filtré.

Qui est Isabelle Prime ?

Isabelle Prime, 30 ans, est arrivée au Yémen en 2013 pour travailler dans une société de conseil américaine, Ayala Consulting. Originaire d'Angers, dans l'ouest de la France, elle avait été enlevée, avec son interprète yéménite, Chérine Makkaoui, le 24 février 2015 dans la capitale, Sanaa, par des hommes déguisés en policiers alors qu'elle se rendait à son travail. Sa dernière apparition remonte à mai dernier dans une vidéo qui montrait la jeune femme, vêtue de noir, agenouillée, demandant, en anglais, l'aide des présidents français et yéménite. "J'ai tenté plusieurs fois de me suicider parce que je sais que vous n'allez pas coopérer et je le comprends parfaitement", lâchait-elle, le visage marqué par la fatigue.

Qui sont les ravisseurs de la Française ?

Même après la libération d'Isabelle Prime, aucune information n'a filtré quant à l'identité de ses ravisseurs. Depuis ces quinze dernières années, les rapts d'Occidentaux se multiplient dans ce pays. Les chercheurs avancent deux hypothèses : l'enlèvement au mobile crapuleux ou un rapt par un groupe terroriste, selon Laurent Bonnefoy, spécialiste du Yémen, sur France 2 . Car le Yémen est actuellement frappé par un conflit armé qui a fait plus de 4.000 morts, où les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, affrontent une coalition arabe, menée par l'Arabie saoudite. Au milieu, Al-Qaïda et l'Etat islamique tentent de s'emparer de territoires en semant la terreur.

Comment se sont déroulées les négociations ?

"La France n'abandonne jamais les siens", déclarait vendredi Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, sur BFMTV. Une devise d'autant plus vraie dans la libération d'Isabelle Prime. Du fait du contexte de guerre civile, les services secrets français ont dû batailler pour trouver un interlocuteur avec qui négocier. Au mois de mars, un espoir de libération se dessinait. Mais seule l'interprète de la Française, Chérine Makkaoui, avait été relâchée.

Quel a été le rôle du sultanat d'Oman lors des négociations ?

Quelques heures après l'annonce de la libération d'Isabelle Prime, François Hollande a exprimé "toute sa gratitude à tous ceux qui ont œuvré à cette solution, et notamment au sultan Qabous". Comme pour la Française, le sultanat d'Oman, ce petit bout de terre frontalier avec le Yémen, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, avait déjà servi de zone de transit pour trois ressortissants français après leurs libérations successives. Car Oman, du fait de sa position stratégique, entretient de bonnes relations avec l'Arabie saoudite mais aussi avec l'Iran, les deux frères ennemis de la région.

Une rançon a-t-elle été versée ?

Eternelle question après la libération d'un otage occidental, une rançon a-t-elle été versée aux ravisseurs ? Si l'employeur d'Isabelle Prime assure que les négociations ont été menées dans le plus grand secret, l'interprète de la Française, interrogée par Ouest-France , évoque, elle, le paiement de 3 millions d'euros aux ravisseurs. Comme à son habitude dans ce genre d'affaire, la France a rapidement démenti cette information.

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