Isabelle Prime libérée : que sait-on de l'ex-otage française au Yémen ?

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EX-OTAGE - Capturée le 24 février à Sanaa, la capitale du Yémen, Isabelle Prime avait marqué son parcours professionnel par son engagement humanitaire.

Plus de 5 mois après sa capture, Isabelle Prime a été libérée, a annoncé l'Elysée dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août. Elle avait été enlevée le 24 février à Sanaa, au Yémen. Un enlèvement qui intervenait moins de trois mois après la libération du dernier otage, Serge Lazarevic, faisant d'elle la dernière ressortissante française retenue à l'étranger. Isabelle Prime, 30 ans, a été prise pour cible alors qu'elle se rendait sur son lieu de travail en taxi avec sa traductrice.

Originaire de Châteaubriand, en Loire-Atlantique, la jeune femme a suivi la majeure partie de sa scolarité dans le secondaire à Angers, dans le Maine-et-Loire, où vit toujours son père, médecin anesthésiste. Elle a été formée au sein d'une école de commerce de Reims, entre 2005 et 2008, et a passé une année à Sciences-Po Paris, de 2011 à 2012.

EN SAVOIR +
>> Isabelle Prime a été libérée
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Yémen : la Française Isabelle Prime, 30 ans, enlevée avec son accompagnatrice

Venir en aide aux plus pauvres

Isabelle Prime se trouvait depuis novembre 2013 à Sanaa, la capitale du Yémen, pour une mission de conseil. Elle qui était rentrée dans sa famille pour les fêtes de Noël était la dernière des expatriés de sa société à se trouver dans ce pays secoué par une crise politique. Selon Francisco Ayala, son patron, elle avait décidé de terminer sa mission avant de suivre les recommandations de la France qui a appelé mi-février ses ressortissants à quitter le Yémen. Consultante en développement durable et en communication, elle travaillait pour une société américaine, Ayala Consulting, basée à Miami, en Floride, sous contrat du Social Welfare Fund, qui développe un projet financé par la Banque mondiale.

Pourtant, malgré les troubles qui secouent la capitale, Isabelle Prime continuait de vivre normalement. Un de ses collaborateurs a précisé à France 2 qu'elle vivait sans protection dans une maison située à côté de la résidence de l'ambassade de France. Francisco Ayala a également expliqué sur France 2 qu'elle "voulait toujours être la dernière à partir".

"Joyeuse et pleine de vie"

La jeune femme a beaucoup voyagé. Elle a travaillé, entre autres, en Equateur et en Jordanie dans les télécommunications et l'assainissement de l'eau. Interrogée par le Courrier de l'Ouest en avril 2014 sur son départ au Yémen, Isabelle Prime semblait lucide. "Du fait de la situation sécuritaire, nous avons dû nous regrouper dans une seule maison et sommes malheureusement obligés d'avoir des gardes armés. Il y a un risque d'attaque constant."

Mais la trentenaire est loin d'être une tête brûlée. Selon son père, elle était prudente et en relation permanente avec les services de sécurité locaux. Décrite comme "joyeuse et pleine de vie" par son ancienne nourrice , elle avait choisi le Yémen dans le but d'aider des plus démunis. Sur son profil LinkedIn, elle présente "la lutte contre la pauvreté", "les droits de l'homme" et "l'aide humanitaire" comme des causes qui lui tiennent à coeur.

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