Islande : comment les Panama Papers ont conduit aux élections législatives anticipées

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ÉLECTION - Si l'onde de choc des Panama Papers a eu raison de l'ancien Premier ministre, Sigmundur David Gunnlaugsson, c'est toute la scène politique du pays qui semble avoir été éclaboussée. Avec quelles conséquences dans les urnes lors des législatives de ce samedi ?

La question était jusque-là  teintée de mystère : quelles seront les conséquences politiques provoquées par le scandale des Panama Papers ? C’est ce samedi 29 octobre que le peuple islandais trouvera certainement ses réponses. Les électeurs sont en effet appelés aux urnes pour des élections législatives anticipées qui désigneront le nouveau Premier ministre du pays six mois après la démission de Sigmundur David Gunnlaugsson. 

Celui-ci avait cédé sous la pression de la rue, où près de 20 000 personnes -sur une population totale de 330 000 habitants-  avaient manifesté pour exiger sa démission. Son nom, ainsi que celui de deux de ses ministres, figuraient en effet parmi les personnes qui possédaient des avoirs dans des paradis fiscaux.  

Lifting politique

Depuis, Sigurdur Ingi Johannsson lui a succédé provisoirement dans l’attente des élections de ce samedi. Mais ce n’est pas le seul changement : entre-temps, l’Islande a aussi hérité en juin dernier d’un nouveau président de la République, en la personne de Gudni Johannesson, mettant fin à six mandats consécutifs de son prédécesseur, Olafur Ragnar Grimsson. 

En 2016, c’est donc presque toute la scène politique du pays qui semble avoir fait peau neuve. Presque, car après les révélations sismiques des Panama Papers, le gouvernement, certes remanié, a échappé au séisme. "Ce remaniement gouvernemental n'est pas ce que veut le peuple", avait déclaré en avril dernier la fondatrice du Parti Pirate islandais et députée  Birgitta Jonsdottir. "Nous ne voyons pas l’intérêt qu’il y a à maintenir en place un gouvernement qui ne bénéficie que de 26% de confiance" dans la population", avait-elle ajouté. 

Au coude-à-coude

Conscient de son impopularité dans la foulée des Panama Papers, le gouvernement, composé du parti du Progrès (libéral, de centre droit) et du Parti de l’indépendance (conservateur),  avait ensuite décidé de jouer la montre et de convoquer des élections seulement à l’automne. Un laps de temps qui aurait pu lui permettre de redorer leur blason. Mais six mois plus tard, force est de constater qu’il n’en est rien. 

Car à l’aube de ces élections législatives de ce samedi 29 octobre, le Parti de l’Indépendance est au coude-à-coude avec  le Parti Pirate, que les récentes études d’opinions créditent de 20 à 23% d’intentions de vote. Mais Le Parti Pirate, qui milite pour une réforme en  profondeur de la vie politique, semble bel et bien en position de force. Il vient en effet de signer jeudi 27 octobre un accord avec le mouvement Gauche-Verts, les sociaux-démocrates et les centristes de "Bright Future" pour former une coalition à l'issue du vote de ce samedi. "Nous pensons que la coopération entre ces partis offrirait un choix clair contre les partis de gouvernement actuels et pourrait créer une occasion nouvelle pour la société islandaise", écrivent les dirigeants de ces partis dans un communiqué. 

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