Israël : à Jérusalem, la manifestation de tous les dangers

Israël : à Jérusalem, la manifestation de tous les dangers

TENSIONS - Le nouveau gouvernement israélien a donné son feu vert pour une marche ce mardi de militants juifs nationalistes et d'extrême-droite à Jérusalem-Est, dans le secteur palestinien occupé. Le rassemblement fait craindre de nouvelles violences.

Déjà l'heure du baptême du feu pour Naftali Bennett. Quelques heures après son arrivée au pouvoir en Israël, le nouveau Premier ministre et son gouvernement essuie ce mardi une première épreuve :  une marche de militants juifs d'extrême droite, dans le secteur déjà sous tension de Jérusalem-Est. Une manifestation qui pourrait raviver les tensions, tout juste retombées, avec les islamistes du Hamas.

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Israël-Palestine : cessez-le-feu après 11 jours de combat

La date initiale du rassemblement avait d'ailleurs été annulée en raison de la reprise des combats, au mois de mai, entre les deux parties. Cette marche, qui commémore "la journée de Jérusalem" - soit l'anniversaire pour les Israéliens de la "réunification" de la Ville sainte en 1967 - devait initialement se tenir le 10 mai. Mais l'événement avait été rapidement annulé. En cause : le climat de tension dans le quartier de Cheikh Jarrah, où des familles palestiniennes sont menacées d'éviction au profit de colons juifs, mais aussi les affrontements réguliers entre Palestiniens et policiers israéliens à l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam.

Les "dangereuses répercussions" de cette marche

Un mois et une guerre de onze jours entre le Hamas et l'armée israélienne plus tard, le raout va finalement avoir lieu ce mardi. Non sans susciter de vives inquiétudes. Avant même le début de cette marche, l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a appelé "toutes les parties à agir de manière responsable et éviter les provocations qui pourraient mener à un nouveau round de confrontation". Et l'ambassade américaine à Jérusalem a demandé à ses employés de ne pas se rendre dans la Vieille ville de Jérusalem en raison de la "marche des drapeaux", organisées par des mouvements nationalistes et d'extrême droite israéliens, et de "possibles contre-manifestations". 

À l'heure où l'Égypte et l'ONU multiplient les tractations en coulisses pour tenter de consolider un cessez-le-feu fragile, le moindre débordement pourrait faire craindre de nouveaux heurts. Le mouvement islamiste a d'ailleurs mis en garde Israël contre des représailles si la marche s'approchait du quartier musulman de la Vieille ville, et notamment de l'esplanade des Mosquées. Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, a pour sa part mis en garde contre les "dangereuses répercussions" que pourrait avoir cette marche, qualifiée de "provocation et d'agression" envers les Palestiniens. 

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Craignant des dérapages, le gouvernement de Benjamin Netanyahu avait botté en touche et repoussé la marche à ce mardi. Laissant donc le dernier mot au nouveau Premier ministre Naftali Bennett (droite radicale) et son associé le centriste Yaïr Lapid. À la tête d'une coalition de huit partis - deux de gauche, deux de centre, trois de droite et un arabe -, les deux hommes ont décidé d'accorder leur feu vert aux organisateurs. "Le droit de manifester est un droit pour tous en démocratie", ont indiqué dans un communiqué les services du nouveau ministre de la Sécurité intérieure, Omer Bar-Lev. Mais de prévenir aussitôt : "La police est prête et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver le tissu délicat de la coexistence ".

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