Israël autorise finalement la venue de Rashida Tlaib, l'une des deux élues américaines pro-palestiniennes

Les élues américaines  Ilhan Omar et Rashida Tlaib.
International

ISRAËL - Les autorités israéliennes avaient annoncé jeudi qu'elles interdiraient à deux élus américaines d'entrer sur le territoire en raison de leurs prises de position en faveur de boycott d'Israël, avec l'appui de Donald Trump. Israël est finalement revenu sur cette décision concernant Rashida Tlaib, pour motif "humanitaire".

Israël révise sa position concernant une élue du Congrès américain qui comptait se rendre sur son territoire. Le ministre de l'Intérieur Arié Dery a décidé vendredi d'autoriser la venue de Rashida Tlaib (à droite sur la photo), en invoquant un motif "humanitaire" pour l'élue démocrate du Michigan, qui est d'origine palestinienne. Selon un communiqué du ministre, celle-ci est autorisée à rendre visite "à sa grande-mère" et aurait promis de ne pas faire avancer la cause du boycott contre Israël durant son séjour".

Les autorités de ce pays avaient annoncé jeudi interdire à deux élues américaines d'entrer en Israël en raison de leur soutien à la campagne de boycott de ce pays, Ilhan Omar et Rashida Tlaib, membres de l'aile gauche du Parti démocrate. Ces dernières devaient atterrir ce weekend à Tel-Aviv afin de visiter les Territoires palestiniens. La décision avaient été qualifiée de "scandaleuse" par Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). L'interdiction reste donc valable pour Ilhan Omar. 

Peu de temps auparavant, le président américain Donald Trump avait estimé qu'Israël ferait preuve d'une "grande faiblesse" s'il acceptait de laisser entrer sur son territoire les deux élues musulmanes aux positions pro-palestiniennes. Rashida Tlaib et sa collègue Ilhan Omar "détestent Israël et tous les juifs, et il n'y a rien qui puisse être dit ou fait pour les faire changer d'avis", avait fustigé le président américain sur Twitter. 

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"Un affront" selon l'une des deux élues

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Rashida Tlaib a écrit aux autorités israéliennes pour leur demander de pouvoir visiter sa famille, et plus particulièrement sa grand-mère, qui vit dans le village de Beit Ur al-Fauqa, près de Ramallah, en Cisjordanie occupée.  "Il pourrait s'agir de ma dernière chance de pouvoir lui rendre visite", a fait valoir l'élue américaine dans sa lettre mise en ligne. "Je m'engage à respecter toutes les restrictions et à ne pas faire la promotion du boycott d'Israël durant ma visite", poursuit le court texte en anglais.

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, premières femmes musulmanes élues au Congrès, ont publiquement appuyé le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) qui appelle au boycott économique, culturel ou scientifique d'Israël pour protester contre l'occupation des Territoires palestiniens. Elles ont plusieurs fois dénoncé la politique israélienne à l'égard des Palestiniens. 

Ilhan Omar a estimé jeudi via un communiqué que le fait "que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous la pression de Donald Trump, refuse l'entrée de deux représentantes de l'Etat américain, représente un affront." Selon elle, la décision prise par les autorités israéliennes est une "insulte aux valeurs démocratiques", provenant "de façon ironique de la 'seule démocratie' du Moyen Orient".

En 2017, Israël a adopté une loi qui permet d'interdire l'entrée dans le pays aux partisans du mouvement BDS. Les deux élues sont depuis longtemps dans le collimateur de Donald Trump, qui les accuse d'antisémitisme et qui ne cesse de les attaquer, avec deux autres représentantes démocrates de l'aile gauche issues des minorités.

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