Netanyahu près de la sortie ? Pas si sûr...

Netanyahu près de la sortie ? Pas si sûr...

"TOUT SAUF BIBI" - À quelques minutes de l'heure limite, le chef de l'opposition Yaïr Lapid est parvenu mercredi soir à arracher un accord pour la formation d'un nouveau gouvernement. Ce sera sans Benyamin Netanyahu, pour la première fois depuis 2009. Mais la majorité est minimale, et l'accord est fragile : tiendra-t-il même jusqu'au vote de la Knesset ?

C'est leur seul vrai point d'entente et leur slogan commun : "tout sauf Bibi", formé à partir du diminutif de l'indéboulonnable Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Cette fois, cet assemblage hétéroclite de partis d'opposition y est peut-être parvenu : chasser du pouvoir celui qui l'occupe sans discontinuer depuis 2009. Au total, depuis sa victoire-surprise face à Shimon Pérès, Benyamin Netanyahu aura occupé le poste de Premier ministre pendant 15 ans, un record absolu de longévité, qui le place même devant le fondateur d'Israël, David Ben Gourion. Plusieurs fois, on a donné pour fini ce fin tacticien de 71 ans, chaque fois il est revenu : en sera-t-il de même cette fois encore ? 

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Début mai, le centriste Yaïr Lapid avait été chargé de la formation d'un nouveau gouvernement, dont le pays était privé depuis les élections de mars, les quatrièmes en deux ans de crise politique. L'affrontement avec le Hamas avait un temps gelé les discussions, et donné l'impression que Benyamin Netanyahu, alors Premier ministre par intérim, en sortirait une fois de plus en vainqueur politique. Mais l'ancien journaliste Yaïr Lapid  est parvenu entretemps à rassembler des irréconciliables, du parti islamiste Raam au chef de la droite radicale Naftali Bennett, partisan de la colonisation et ancien allié de Netanyahu.

Une majorité courte et fragile

Il dispose désormais de 61 voix sur les 120 que compte le Parlement israélien, la Knesset. Une très courte majorité, et particulièrement fragile. Si on ignore encore exactement quand le vote aura lieu (mais théoriquement sous dix jours), on soupçonne d'avance Yariv Levin, le président de la Knesset issu du Likoud, de ralentir le processus au maximum pour tenter de convaincre des députés de quitter la coalition. 

Dès ce matin, Benyamin Netanyahu a dénoncé l'accord obtenu peu avant minuit : "Tous les parlementaires élus par des votes de droite doivent s'opposer à ce dangereux gouvernement de gauche", a-t-il martelé sur Twitter, pointant dans le même temps la participation de la formation islamiste Raam. Il avait également qualifié d'"escroquerie du siècle" le ralliement de son ancien allié Naftali Bennett, annoncé dimanche dernier, et qui pourrait devenir le prochain Premier ministre à sa place - pour une durée de deux ans selon les termes de l'accord.

Car s'il a souvent été donné partant, Benyamin Netanyahu est le champion des retours inattendus et des négociations en coulisses. Le régime parlementaire israélien lui a souvent permis de réunir des majorités de la dernière heure, en dépit des défections d'alliés, ou de la poussée des opposants. 

Une crise sociale majeure en 2011, ou une succession d'affaires de corruption depuis 2016, ne l'auront pas non plus empêché de faire gagner le Likoud, de scrutin en scrutin. Mais l'opposition a fini par sédimenter, de manifestation en manifestation et à s'unir avant tout contre sa personne. Des coalitions de plus en plus bancales se sont multipliées lors des scrutins ces deux dernières années, pour déboucher sur la situation actuelle : un retournement de la majorité, inédit depuis 12 ans.

Le plus dur reste à venir

Reste que, pour la coalition formée la nuit dernière, le plus dur reste à venir. Des désistements restent possibles d'ici au vote de la Knesset, qui lui seraient fatals. Et si la coalition était confirmée, les partis antagonistes qui la composent s'entendraient-ils assez pour durer ? En face d'eux, ils trouveraient un Benyamin Netanyahu en leader de l'opposition, dont personne ne se hasarde à écarter un retour.

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