Israël : démissions en série au sein d'un gouvernement toujours plus à droite

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POLITIQUE - Depuis vendredi dernier, le ministre de la Défense et le ministre de l'Environnement ont quitté le gouvernement de droite de Benyamin Netanyahou pour dénoncer les "manoeuvres politiques" derrière l'arrivée du chef du parti d'extrême-droite "Israël Beiteinou" Avigdor Lieberman.

En Israël, l'ancrage très droitier du gouvernement du premier ministre Benyamin Netanyahou ne passe pas. Après la démission la semaine passée du ministre de la Défense, Moshe Yaalon, membre du parti du premier ministre israélien, le Likoud, pour dénoncer l'arrivée au gouvernement de l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, c'est au tour du ministre de l'Environnement, Avi Gabbay, de démissionner ce vendredi 27 mai. 

Dans un communiqué, le représentant du parti centriste, Koolanu, appartenant à la coalition gouvernementale, critique ainsi avec sévérité les "récentes manoeuvres politiques (...) qui vont stimuler l'extrémisme et semer la discorde". La raison ? Mercredi dernier, un accord a été conclu entre le premier ministre et la formation d'extrême-droite du nouveau ministre Lieberman, Israël Beitenou, faisant passer sa majorité parlementaire de 61 à 66 sièges sur 120 à la Knesset.

Virage très à droite

Au-delà de la consolidation de la majorité pro-gouvernementale au Parlement, la nomination de ce laïc pro-colonisation aux commandes du ministère de la Défense traduit un virage très à droite dans un climat conflictuel entre le Benyamin Netanyahou et les chefs militaires du pays. L'Etat major israélien a en effet fait part de ses réserves face aux dérives entraînées par l’occupation des territoires palestiniens par Israël. En outre, Washington s'inquiète de la droitisation de l'Etat juif.

Interrogé par Le Point , Ely Karmon, un chercheur en problématique stratégique au centre interdisciplinaire de Herzliya (Israël) y voit la marque du jeu politique israélien. "Relativement inexpérimenté sur la question militaire, Avigdor Lieberman est en revanche un pragmatique. Il devrait se ranger derrière les positions de ses généraux", explique-t-il. Paradoxe : en novembre 2014, lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman avait surpris en proposant un plan de paix controversé associant Palestiniens, Arabes israéliens et pays arabes de la région. 

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