Israël : face aux extrémistes juifs, le gouvernement serre la vis

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DURCISSEMENT - Les autorités israéliennes ont annoncé l'arrestation de plusieurs membres de groupes extrémistes juifs, ces derniers jours. Une réplique aux attaques perpétrées par la mouvance ultra-orthodoxe contre la communauté LGBT et la population palestinienne, à Jérusalem puis en Cisjordanie.

Face aux crimes perpétrés par des extrémistes religieux, la justice israélienne est aveugle, quelle que soit la religion en question. C'est le message que semble vouloir faire passer la justice israélienne depuis la mise en détention administrative de l'extrémiste juif Mordehaï Mayer, à la suite de la mort d'un bébé palestinien brûlé vif vendredi 31 juillet en Cisjordanie.

Les noires journées des 30 et 31 juillet

Régulièrement critiqué pour le traitement de ses prisonniers palestiniens par rapport aux justiciables israéliens, Jérusalem a cette fois sorti l'artillerie lourde. En effet, la détention administrative est une opportunité juridique, nécessitant validation par le ministre de la Justice, qui avait, jusque-là, essentiellement été l'apanage des citoyens palestiniens. Cette arme offrait à la justice la possibilité de détenir, pour une période plusieurs fois renouvelable de six mois, un suspect, sans que ce dernier ne soit inculpé ni jugé. 

La détention administrative de Mordehaï Mayer, colon israélien, a été justifiée par "son implication dans des activités violentes et des attaques terroristes survenues ces derniers temps." Le climat a en effet atteint un degré de violence très élevé depuis la fin de la semaine dernière, en Israël.

 Jeudi 30 juillet, d'une part, avec l'attaque homophobe et meurtrière (une morte) perpétrée par Yishaï Shlissel, juif extrémiste qui avait écopé de dix ans de prison pour la même attaque, en 2005.

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► Vendredi 31 juillet, d'autre part, quand l'incendie criminel d'une maison occupée par une famille palestinienne, en Cisjordanie, avait généré la mort d'un bébé de 18 mois. Les manifestations de protestation qui avaient suivi le drame avaient débouché sur des affrontements entre l'armée israélienne et une foule palestinienne en colère, occasionnant deux nouvelles victimes, côté civil.

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"Tolérance zéro", d'un côté comme de l'autre

De quoi pousser le très droitier Premier ministre Benyamin Netanyahu à rappeler sa "politique de tolérance zéro face au terrorisme, d'où qu'il vienne". Mais impossible, pour l'instant, de dire si Mordehaï Mayer est impliqué dans l'incendie du 31 juillet.

Même chose pour Meïr Ettinger, petit-fils d'un rabbin fondateur du mouvement raciste anti-Arabes Kach, suspecté dans l'incendie d'une église en 2014 ou un projet d'attentat contre la communauté palestinienne. Il a été arrêté lundi et maintenu en détention, tout comme un troisième extrémiste, Eviatar Slonim, derrière les barreaux "pour appartenance à une organisation extrémiste". 

Un extrémisme qui, comme l'indiquait Ettinger sur son blog, consiste en un mouvement "de la part de juifs forcés de passer à l'action devant la profanation perpétrée par l'Etat israélien qui autorise la présence d'églises chrétiennes et donc l'idolâtrie sur la terre sainte juive". Et qui s'attaque aussi bien aux autres religions qu'à l'armée israélienne.

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